Retour à l'accueilAller au précédentAller au suivantL'Ordre de Jacques-Cartier

Nomad le 26 Aoû 2009


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L'Ordre de Jacques-Cartier


Voici une organisation secrète Canadienne-française moins connu de nos jours… L’information à leur sujet est assez difficile à trouver. Je ne sais pas si certains d’entre vous en on déjà entendu parler?

L'Ordre de Jacques-Cartier (OJC) était une société dite « secrète » qui a été fondée le 22 octobre 1926 à Vanier, Ontario par quatorze fonctionnaires fédéraux. L'Ordre était également connu sous le nom « la Patente ».

Son but était de faire avancer les intérêts des francophones au Canada par l'entremise d'une élite militante infiltrant autant l'administration que les entreprises privées. Mais l'un des objectifs des membres de l'OJC était également de lutter contre l'influence des loges maçonniques et des orangistes.

L'Ordre était dirigé par un conseil nommé « Chancellerie » qui regroupait des comités régionaux, eux-mêmes subdivisés en comités locaux (« Commanderies »). L'organisation disposait de son propre journal : L'Émerillon.

Suite à des dissensions marquées entre l'aile québécoise et le conseil, l'Ordre est dissous le 27 février 1965 à Ottawa (Ontario). Au plus fort de son activité dans les années 1960, l'Ordre regroupait environ 40 000 membres. Source; Wikipédia

L'histoire de l'OJC est liée à deux visions du « Canada français » qui se dessinent, s'affrontent, puis se dissocient : celle d'une communauté francophone solidaire répartie sur l'ensemble du territoire canadien, voire même jusqu'en Nouvelle-Angleterre, et celle d'une communauté francophone possédant son propre État (le Québec), dont la force suffit à promouvoir les intérêts des francophones hors Québec.

La fondation de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC)

On ne peut remonter aux sources de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC) sans évoquer un dialogue resté célèbre dans la mémoire des fondateurs, qui l'ont reconstitué et souvent évoqué. Au cours de cette conversation, qui aurait eu lieu en 1926, l'abbé François-Xavier Barrette, curé de la paroisse Saint-Charles d'Ottawa, persuade Albert Ménard, un ingénieur civil travaillant au Bureau de l'ingénieur-en-chef au ministère des Travaux publics à Ottawa, de la nécessité de bâtir une organisation s'apparentant à la franc-maçonnerie pour éviter le fléau de l'assimilation et assurer l'avenir du groupe ethnique canadien-français. Il faut, fait valoir l'Abbé Barrette, donner à l'organisation des assises catholiques et canadiennes-françaises mais agir comme le font les anglophones, efficacement et dans l'ombre. Réunissant autour d'eux une poignée d'hommes dont ils connaissent bien les convictions patriotiques, Albert Ménard et l'abbé Barrette organisent, dans le plus grand secret, une rencontre au presbytère de la paroisse Saint-Charles d'Ottawa le 22 octobre 1926. Au cours de cette réunion, on décide de fonder une société secrète et Albert Ménard en devient le président. Les réunions se succèdent par la suite à un rythme constant. En novembre, on débute l'élaboration d'une constitution et en décembre, on décide qu'une société secrète a absolument besoin d'un rituel, dont on confie l'élaboration à Émile Lavoie, troisième personnage clé de cet organisme naissant. La première initiation de nouveaux membres a lieu à l'hiver 1927.

La commanderie est la cellule locale de l'organisation. La première à voir le jour est appelée commanderie Dollard, à laquelle se joignent bientôt quelques commanderies du côté du Québec. En 1930, l'OJC compte déjà 16 commanderies, dont neuf sont situées en Ontario et deux dans l'Ouest, le reste étant des commanderies du Québec. Dans les années 1930, la progression de l'OJC est plus rapide et plus importante au Québec qu'en Ontario. En 1934, l'organisation compte 59 commanderies, dont 39 au Québec et 13 en Ontario. L'ensemble des régions où se concentrent les Canadiens français sont maintenant représentées : Ontario, Québec, Acadie, Ouest.

La nature, les buts et les objectifs

L'Ordre de Jacques Cartier (OJC), bien qu'il soit une société secrète, tient tout de même à son incorporation et obtient ses premières lettres patentes auprès du Secrétaire d'État du Canada le 4 octobre 1927. Il a donc une existence juridique légale assurant qu'il n'agit pas illégalement et ne menace en rien l'ordre établi. L'Église connaît et approuve l'existence de l'OJC. Elle y nomme des aumôniers et participe activement à la vie de l'organisation. Le chanoine Lionel Groulx, historien et ecclésiastique célèbre, accepte volontiers d'associer son nom à l'OJC. L'aspect religieux tient assurément une place primordiale dans les valeurs que veut répandre l'organisation. L'aspect national est, quant à lui, fondamental puisque l'OJC a pour but l'avancement des Canadiens français dans tous les domaines, tant économique et social que religieux, éducatif et intellectuel. Association à caractère national, l'Ordre de Jacques Cartier vise à former et grouper une élite militante, en vue d'atteindre, dans la discrétion, le bien commun des Canadiens français catholiques, tant au point de vue spirituel que matériel. Les membres sont choisis avec soin; ne devient pas membre de l'OJC qui veut. Il faut être sollicité par un membre en règle et accepté par les responsables d'une commanderie pour entrer dans l'Ordre de Jacques Cartier. Ces derniers retiennent seulement les candidats qu'ils jugent animés d'un patriotisme sincère, à qui ils croient pouvoir inculquer l'esprit de l'Ordre : une foi inébranlable dans les objectifs de l'organisation, de la discipline dans l'obéissance aux mots d'ordre et de la discrétion.

Une société secrète

L'idée de fonder une société secrète est motivée par les craintes de voir des éléments anglophones utiliser diverses tactiques pour nuire à un organisme de nature publique, qui aurait pour but de promouvoir le bien-être du groupe canadien-français. En donnant à leur organisation un caractère secret, les fondateurs de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC) croient pouvoir en maximiser l'efficacité. Il faut dire que les organisations secrètes sont à la mode dans la société de l'époque. Les fondateurs se convainquent mutuellement que les Canadiens français doivent eux aussi avoir leur société secrète. Le côté secret s'affirme au cours des premières années mais ne semble pas établi de façon définitive au début. Avec le temps cependant, il prend de l'importance. L'appellation populaire « La Patente », par laquelle l'OJC est souvent désignée, traduit bien la nature mystérieuse et secrète de l'organisation. « La Patente » ne laisse rien paraître officiellement et adopte des noms de façade lors de ses congrès : L'Entraide inc. (1952) et l'Association culturelle canadienne (1964). Une série d'abréviations sont utilisées dans la correspondance et les documents mis en circulation, y compris dans les programmes des congrès, le journal L'Émerillon, le Bulletin et les circulaires : O. (Ordre de Jacques Cartier), CX (chancellerie), XC (commanderie locale, XCC au pluriel), S. CX (secrétaire de la chancellerie), etc. « DISCRÉTION » est le mot d'ordre le plus répandu dans l'OJC. Un membre ne doit jamais révéler à quiconque son appartenance à l'organisation, pas même à son épouse. Les membres se reconnaissent entre eux par une poignée de main caractéristique. Elle ne doit pas servir à vérifier si tel ou tel individu fait partie de l'OJC, mais plutôt à se faire connaître de quelqu'un dont on sait déjà l'appartenance à l'organisation. Le caractère secret de l'OJC n'est remis en question qu'au début des années 1960, surtout au Québec où l'on considère qu'il n'est plus nécessaire, vu la maîtrise de plus en plus affirmée qu'ont les francophones des institutions économiques et politiques de cette province. Hors du Québec, on croit encore que pour atteindre ses objectifs, l'OJC doit continuer d'agir dans l'ombre.

La structure et le fonctionnement

La Chancellerie (CX), l'autorité suprême de l'Ordre de Jacques Cartier, et la commanderie (XC), souvent désignée comme le corps recruteur ou la cellule fondamentale, qui constituent en fait les éléments essentiels de « La Patente », sont les premières structures mises en place après la fondation de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC). Assez rapidement, le caractère national de l'organisation rend nécessaire l'ajout de structures intermédiaires, qui servent de relais entre la direction et la base. En 1932, l'OJC comptant déjà 33 commanderies réparties dans tout le Canada, crée le Conseil Régional (CR) et le dote en 1936 d'un Comité Permanent (CPR), une sorte d'exécutif. Plus tard, on ajoute aux structures existantes un Conseil provincial pour chaque région où s'est implanté l'Ordre : Ontario, Québec, Acadie et Ouest. Il s'agit d'un simple organisme consultatif en matière d'orientation sur le plan provincial. Ses membres et son président sont choisis par la Chancellerie, dont ils doivent obtenir l'accord avant de constituer des comités. Les querelles entre le groupe québécois et la Chancellerie finissent par obliger cette dernière à laisser le Conseil provincial gagner une autonomie relative. Mais l'OJC est dissout avant que la nouvelle structure puisse avoir un fonctionnement réel.

Dès 1930, les organisateurs de l'OJC sentent la nécessité d'avoir recours au travail rémunéré. À partir de 1936, l'OJC a un Secrétariat permanent qui, en 1952, compte douze employés. Diverses fonctions sont confiées aux salariés de « La Patente ». On retrouve parmi eux, outre le Secrétaire général, l'Organisateur général, des organisateurs régionaux (stables et ambulants), un archiviste, divers responsables et commis affectés à la préparation et à l'envoi des circulaires, à l'administration et à la réalisation du journal L'Émerillon.

Le rituel

Émile Lavoie est le grand maître d'oeuvre de la conception du rituel, élément fondamental du fonctionnement de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC), vu sa nature secrète. Le rituel prévoit jusque dans les moindres détails la façon dont doivent se dérouler les réunions de la commanderie, l'initiation des nouveaux membres, c'est-à-dire l'initiation au premier degré ou en langage codé le v.a.p.d.a (acronyme pour « Voyage Au Pays Des Ancêtres »), et les initiations suivantes (la hiérarchie de l'OJC compte six degrés). Au rituel sophistiqué correspond une symbolique tout aussi complexe. Lors de l'initiation au premier degré, les candidats doivent par exemple subir, dans le noir et les yeux bandés, diverses épreuves : épreuve de l'amertume (liquide amer), épreuve de l'équilibre (planche à obstacles), épreuve de l'eau, épreuve du feu et épreuve de l'air (passerelle basculante). Boire à la coupe d'amertume symbolise la force qu'il faut au candidat pour affronter les adversaires de la foi catholique et de la langue française. L'image évoquée par les obstacles, franchis grâce au soutien de deux confrères, est celle de l'importance de la fraternité pour traverser les épreuves. L'eau dans laquelle le candidat trempe les doigts symbolise la purification et la résistance aux courants néfastes. La flamme près de laquelle le candidat passe les mains est l'image de l'énergie, dont on s'attend à ce qu'il fasse preuve dans l'accomplissement de sa mission, et symbolise le voeu de ne jamais voir s'éteindre l'amour qu'il a pour ses frères. Finalement, le candidat circule sur la passerelle basculante, en s'appuyant aux bras de ses confrères pour ne pas tomber, pour mieux comprendre qu'il n'atteindra les sommets de sa mission, endroits où l'air est pur, que grâce à la solidarité. Les toges et les étendards, les chansons et le bruitage, ainsi que tous les éléments de la panoplie d'objets nécessaires aux initiations témoignent de l'importance accordée au rituel. Au début des années 1960, alors que pour certains l'existence même de l'Ordre n'est plus nécessaire, sa nature secrète et mystérieuse, ainsi que tout ce rituel, seront remis en question. On souhaite à tout le moins que le rituel soit simplifié.

Les activités

L'Ordre de Jacques Cartier (OJC) n'a pas d'activité officielle. Elle infiltre, influence et, par le fait même, étend son contrôle à tout ce qu'il y a d'organisations sociales, économiques et politiques canadiennes-françaises. Elle agit sur la société par l'intermédiaire d'associations qui, elles, agissent publiquement. On appelle cette stratégie d'action la technique du noyautage et de l'extériorisation. Parmi les très nombreuses organisations canadiennes-françaises où les membres de l'OJC se sont infiltrés, mentionnons les Sociétés Saint-Jean-Baptiste, les coopératives d'épargne et de crédit (caisses populaires), les comités de parents, les associations (associations professionnelles, mouvements de jeunes), les organisations des terrains de jeu (OTJ). L'OJC vient en aide financièrement aux francophones en milieu minoritaire (Fonds VADMA). Les différentes campagnes que mène l'OJC sont bien orchestrées, dans l'ombre bien sûr. L'OJC intervient notamment dans le choix du drapeau canadien, mène campagne pour l'attribution de noms français à des routes et des ponts, pour les chèques bilingues, pour les billets de banque bilingues. Les stratégies de ces campagnes sont souvent très simples. Un mot d'ordre est envoyé aux membres pour leur demander d'inonder l'autorité concernée de cartes postales. Parfois, elles sont plus complexes. Les campagnes ontariennes visent aussi la revendication de services bilingues auprès de la compagnie de téléphone Bell, des services de radio et de télévision de langue française, ainsi que l'amélioration de la diffusion du journal Le Droit. Le Conseil provincial ontarien (CPO) s'est également préoccupé abondamment de la question scolaire, menant campagne de façon permanente pour promouvoir l'éducation en français. Par l'entremise du CPO, l'OJC mène également des enquêtes pour connaître la situation des Franco-Ontariens en ce qui concerne l'éducation et la vie sociale française.

Les dissensions entre le groupe québécois et la direction de l'Ordre de Jacques Cartier

Par ses structures et son fonctionnement, « La Patente » est une organisation très autocratique, dirigée d'en haut (d'Ottawa), dont on ne discute pas les ordres. Pour les fondateurs et leurs successeurs à la tête de l'organisation, la nature secrète de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC) exige ce mode de direction. La discipline et l'obéissance aux ordres sont essentielles et des mécanismes de radiation et d'expulsion, ajoutés à la pratique de la liste noire, assurent le respect de ces principes. Très tôt dans l'histoire de l'OJC, ce fonctionnement rigide et peu démocratique provoque des frictions importantes entre la Chancellerie et les éléments québécois de l'OJC. Des noyaux importants du Québec acceptent très mal d'être dirigés à partir d'Ottawa sans grande possibilité de discuter les ordres. Les germes des dissensions idéologiques qui font éclater l'Ordre de Jacques Cartier en 1965 sont déjà présents dans ces conflits. Au début des années 1960, l'évolution de la société québécoise amène des groupes influents du Conseil provincial du Québec à rejeter des aspects complets de l'idéologie de l'OJC. Le caractère secret paraît désuet au Québec, maintenant que les Canadiens français ont une bonne maîtrise de leurs institutions dans cette province. Des membres de l'OJC au Québec dévoilent publiquement l'essentiel des secrets de l'organisation, ce qui provoque une crise interne : Charles-Henri Dubé dans le Magazine Maclean en mai 1963, puis Roger Cyr dans un livre intitulé La Patente en 1964. La section québécoise est prête à ouvrir le mouvement aux femmes. Mais la plus grande divergence entre l'OJC hors Québec et sa section québécoise, c'est celle qui concerne l'avenir du Canada français. Les éléments nationalistes du Québec sont prêts à franchir le pas vers l'indépendance.

La dissolution

L'année 1964 est marquée par la préparation d'un Manifeste, qui est adopté en novembre par le congrès du Conseil provincial du Québec. On y prend position en faveur d'un État national francophone au Québec. Cet État veillerait à la protection des droits des francophones hors Québec en exigeant pour eux les mêmes garanties que celles qu'il accorderait lui-même à la minorité anglophone du Québec. Mais les francophones hors Québec ne se rallient pas à cette proposition. Cet épisode s'inscrit dans ce qu'on appelle l'éclatement du projet du « Canada français ». Lors d'une réunion régulière de la Chancellerie à Ottawa les 27 et 28 février 1965, après bien des mois de discussions et d'affrontements, une résolution visant à dissoudre l'Ordre de Jacques Cartier (OJC) récolte une majorité des voix. Le groupe québécois propose d'abord une réorganisation en profondeur de l'Ordre de Jacques Cartier, où la représentation à la direction et la répartition des pouvoirs seraient proportionnelles à la population canadienne-française des quatre régions. Les éléments du Québec, province regroupant la grande majorité de la population canadienne-française, détiendrait ainsi les rennes du pouvoir au sein de l'OJC réorganisé. Les chanceliers de l'Ontario, auxquels se joignent ceux de l'Acadie et de l'Ouest, proposent plutôt la dissolution de l'Ordre de Jacques Cartier.

L'Ordre franco-ontarien

Les membres ontariens de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC) ne renoncent pas facilement à un mouvement qui a déjà presque 40 ans d'histoire. Dans les rangs ontariens, c'est la consternation lorsqu'on apprend la dissolution de l'organisation, votée au cours de la réunion des Chanceliers les 27 et 28 février 1965. La résolution qui prévoit la dissolution de l'OJC ouvre la porte à la formation de quatre entités différentes dans les quatre régions où l'organisation s'était implantée. En Ontario, c'est sans interruption que les membres de l'ancien OJC continuent leurs activités. Comme l'OJC n'existe plus, il leur faut cependant mettre sur pied une nouvelle entité, à laquelle ils donnent le nom de Commandeurs de l'Ordre des Franco-Ontariens (COFO). On estime encore nécessaire qu'il s'agisse d'une organisation secrète. L'organisation adopte donc un nom de façade : Association culturelle ontarienne (ACO). Sa structure est identique à celle de l'Ordre de Jacques Cartier : une autorité suprême, la Chancellerie, et des commanderies locales, auxquelles s'ajoutent des structures intermédiaires. On conserve un rituel, mais il s'agit d'un rituel simplifié. L'Ordre franco-ontarien continue l'oeuvre de l'OJC et agit dans l'ombre, tout comme le faisait l'organisation précédente. En 1970, face à l'évolution de la société québécoise, le Comité d'orientation de la COFO préconise le repli sur les réalités ontariennes, renonçant à toute attente vis-à-vis le Québec. Ses préoccupations restent fidèles à celles qui avaient motivé la fondation de l'OJC plus de 40 années auparavant : promouvoir les droits des Canadiens français catholiques. Tout indique qu'en janvier 1971, l'organisation vit une situation financière plutôt précaire. On renonce d'ailleurs à avoir recours au travail salarié. L'organisation n'a jamais officiellement cessé d'exister, mais ne laisse plus de trace d'activités après 1971.




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Nomad, 08 Juil 2009


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NOS HÉROS: Antoine de Lamothe-Cadillac


Il n’est pas resté en Amérique mais il a tout de même marqué notre histoire.

Arrivé à 25 ans en Amérique, Antoine Laumet (1658-1730) change d'identité et devient le sieur Antoine de Lamothe-Cadillac. Aventurier et visionnaire, son ascension et sa réussite dans la société de la Nouvelle-France lui attirent autant de soutiens que d'antipathies. Commandant du fort de Michillimakinac en 1694, il fonde le fort Pontchartrain en 1701 en prévoyant un grand avenir à ce qui deviendra la ville de Détroit. Après avoir été gouverneur de la Louisiane, il rentre en France où il est nommé gouverneur de Castelsarrasin.

Son nom est donné à la célèbre marque automobile américaine en 1902, à la suite des commémorations du bicentenaire de la fondation de Détroit. En 2001, pendant les commémorations du tricentenaire de la ville, une statue est érigée en son honneur.

Biographie simplifiée

Fondateur en 1701 de la ville de Détroit (Michigan), premier gouverneur de la Louisiane de 1710 à 1716 et gouverneur de la ville de Castelsarrasin de 1722 à 1730, Antoine de Lamothe-Cadillac (1658-1730) est une personnalité importante mais controversée de la Nouvelle-France. Il débarque en Acadie en 1683 et connaît un destin extraordinaire en Amérique.

Tour à tour flibustier, explorateur, coureur des bois, trafiquant d'alcool et de fourrures, Cadillac est également un officier des troupes de Marine que ses connaissances des côtes de la Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands Lacs font apprécier de Frontenac, le gouverneur de la Nouvelle-France, et de Pontchartrain, le ministre de la Marine du roi Louis XIV, à une époque d'intense rivalité entre la France et l'Angleterre sur l'Amérique du Nord. Sur leurs conseils, Louis XIV lui accorde diverses gratifications, dont ses grades d'officier, la seigneurie de Détroit, le poste de gouverneur de la Louisiane et la croix de Saint-Louis. Mais très critiqué par les jésuites qui lui reprochent de pervertir les Amérindiens avec ses trafics d'alcool et de fourrures et par les notables de Québec et de Montréal qui s'inquiètent de l'expansion possible de Détroit.

Antoine de Lamothe-Cadillac connaît des périodes de disgrâce qui le conduisent quelques mois en prison à Québec en 1704 puis à la Bastille à son retour en France en 1717. Pour faire valoir ses droits sur la succession de son père en 1718, il reconnaît avoir changé d'identité en s'installant en Amérique et il retrouve sa véritable identité d'Antoine Laumet (ce changement d'identité ne lui a jamais été reproché par ses contemporains). En revanche, les raisons de ce changement d'identité et de son départ en Amérique restent encore ignorées. Son esprit visionnaire est cependant indéniable et ses projets prendront corps après lui.

Detroit est ainsi devenue le centre mondial de la production automobile au XXe siècle ; William A. Murphy et Henry M. Leland lui rendront hommage en baptisant leur firme automobile de son nom et en reprenant ses armoiries pour emblème en 1902. Divers lieux portent son nom en Amérique, notamment le Mont Cadillac dans l'état du Maine et la ville de Cadillac dans l'état du Michigan. En revanche, les villes françaises de Cadillac-sur-Garonne (Gironde, 33410) et de Cadillac-en-Fronsadais (Gironde, 33240) n'ont aucun rapport avec lui ; Cadillac étant un nom répandu en Gascogne (équivalent à certains Chailly1de langue d'oïl), où il est parfois orthographié Cadilhac, selon la norme occitane.

Le nom « Cadillac » dérive du nom gallo-romain Catilliacum; le suffixe gaulois -acum s'est ajouté au nom du propriétaire de l'endroit, puis un village s'est développé autour de son domaine agricole. (NB : si la prononciation française de son nom est « kadi-yak », les américains prononcent « kadi-lak »).

Faits divers;

À 25 ans, il semble qu'il se commette dans une histoire assez louche pour être obligé de quitter la France et de se forger une nouvelle identité. Quatre hypothèses peuvent expliquer ce départ soudain :


-des difficultés financières en raison du procès perdu par son père contre un avocat de Castelsarrasin ;

-une déchéance statutaire du fait de la perte de soutien de son père après la mort du cardinal de Mazarin ;

-la fin de la tolérance à l'égard des réformés qui les oblige à quitter le pays ou à se renier en se convertissant ;

un fait divers qui fait d'Antoine un criminel ou un hors la loi.

Il est certain qu'Antoine Laumet effectue la traversée par des voies détournées, aucune liste officielle d'embarquement maritime n'indiquant sa présence sur un navire en partance d'un port français.

En 1715, Cadillac et son fils Joseph prospectent l'Illinois.




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par Nomad, 07 Juil 2009


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NOS HÉROS: Madeleine de Verchères (1678-1747)


François-Xavier Jarret, arrivé en 1665 avec le régiment de Carignan-Salières, fonde en 1672 la seigneurie de Verchères, qui fut l'une des plus exposées aux attaques iroquoises.

Aussi, il fit élever un fort autour de son manoir et de ses bâtiments. Un fort destiné à protéger ses biens, sa famille et ses censitaires des attaques des Iroquois qui étaient très fréquentes. Dans cette palissade, il n'y avait qu'une seule porte qui donnait sur le fleuve.

Madeleine Jarret de Verchères naquit sur la seigneurie de son père en 1678. Le seigneur de Verchères, enseigne au régiment de Carignan, prenait part aux manoeuvres militaires mais gérait aussi son domaine, ses bêtes et ses cultures comme la plupart des Français installés en Nouvelle-France à cette époque.

Les Iroquois étaient des champions des attaques sournoises et sanglantes. Ils s'acharnaient sur cette famille pourtant paisible: déjà les deux frères aînés de Madeleine s'étaient fait tuer lors d'une précédente attaque. Plusieurs fois, en l'absence de son mari, la mère de Madeleine, Marie, avait repoussé les attaques iroquoises avec l'aide de quelques hommes. Il fallait être prêt à tout et défendre sa vie chèrement. Hommes et femmes, jeunes ou vieux, n'étaient jamais sûrs de rien.

En 1690, Marie Perrot défendit pendant deux jours le fort de Verchères.

Madeleine de Verchères avait été témoin de la bravoure de sa mère. Elle sut maintenir la tradition quand, le 27 octobre 1692, âgée de quatorze ans, elle accomplit l'acte héroïque qui l'a immortalisée.

Sa mère est partie à Montréal; son père a été appelé à Québec. Il n'y a à l'intérieur des palissades que des femmes et des enfants et un seul soldat qui veille. Une vingtaine d'habitants sont occupés aux travaux des champs des alentours.

Dans les buissons, des Iroquois sont cachés. Ils observent sans bruit les gens qui vaquent tranquillement à leurs occupations. Soudain, un cri retentit. Un Iroquois se précipite sur Madeleine et l'attrape par le fichu.

Vive comme l'éclair et avec une étonnante présence d'esprit, Madeleine dénoue son fichu et court vers le fort en criant :

- Aux armes !

Elle referme la porte derrière elle et, négligeant les cris des femmes dont les maris sont restés en dehors de la palissade, grimpe sur le bastion où se tient la sentinelle. Sans se démonter un instant elle prend les choses en main : elle coiffe un chapeau d'homme et se déplace rapidement pour donner l'illusion d'un va-et-vient de plusieurs personnes.

Elle mobilise ses petits frères qui font comme elle et elle fait tirer un coup de canon qui épouvante les assaillants. C'est aussi une façon d'alerter les autres forts et habitations qui ponctuaient les rives du Saint-Laurent jusqu'à Montréal, espérant qu'on comprendrait son appel à l'aide.

Elle a dû défendre pendant 8 jours le fort de Verchères devant l'attaque des envahisseurs iroquois.

Avec leurs prisonniers, les Iroquois se retirent. Le secours finit par arriver des forts voisins. Les habitants du fort de Verchères sont saufs, pour le moment, grâce à la ruse de la jeune Madeleine. L'histoire de son fichu fait le tour de la colonie et du pays. On n'est pas près de l'oublier et toutes les jeunes filles qui nouent un fichu sur leurs épaules y pensent encore aujourd'hui.

Et dans les cours d'école, l'hiver, les enfants construisent, pendant les récréations, le fort de Madeleine de Verchères !

En 1706, Marie-Madeleine Jarret de Verchères épouse Pierre Thomas Tarieu de la Naudière, sieur de la Pérade. Le couple eut 5 enfants.

Madeleine de Verchères aura, au cours de sa vie, l'occasion de sauver la vie de son mari, à deux reprises, contre l'attaque des Iroquois.

Aujourd'hui on peut admirer la statue du sculpteur Louis-Philippe Hébert, immortalisant l'exploit de Madeleine de Verchères. Inauguré le 21 septembre 1913 le monument se dresse fièrement sur la rive du Saint-Laurent à Verchères. Cette statue serait le plus gros bronze au Canada.




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Retour à l'accueilAller au précédentAller au suivantLes Canadiens-français, un peuple pacifique?

par Nomad, 11 Juin 2009


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Les Canadiens-français, un peuple pacifique?

Liste des batailles victorieuses


- Juillet 1685 : Victoires canadienne-françaises au Forts Rupert et Albany sur la Baie d'Hudson.

- Été 1690 : Grande victoire canadienne-française innatendue à Québec.

- Octobre 1694 : Victoire canadienne-française au Fort York.

- Automne 1695 : Victoire canadienne-française au Fort William Henry.

- Novembre 1696 : Victoire canadienne-française à Ferryland et St.-John's.

- Septempre 1697 : Victoire canadienne-française lorsque la frégate Pélican commandée par le Sieur d'Iberville affronte et triomphe de trois navires anglais (44 canons contre 114) lors d'une bataille navale. Par la suite, les Canadiens-Français reprennent le Fort York qui était repassé aux mains des Anglais.

- Été 1754 : Victoire canadienne-française au Fort Duquesne.

- Été 1755 : Victoire canadienne-française au Fort William-Henry.

- Août 1756 : Prise du fort anglais Oswego par des Canadiens-Français et des Amérindiens. Les Anglais se rendent après une heure de combat et la décapitation par un boulet de leur commandant. Les Français font 1 700 prisonniers.

- Août 1756 : Victoire canadienne-française au Fort Grandville.

- 8 Juillet 1758 : Victoire canadienne-française à Carillon. Les Canadiens-Français défont les Anglo-Américains au Fort Carillon. Ces derniers, ayant assemblé une armée de presque 16 000 hommes -- soit l'armée la plus grande jamais assemblée en Amérique du Nord à l'époque -- se préparent à envahir le Canada. Une force de 3 600 hommes résistent aux assauts des troupes du commandant anglais James Abercromby. Les Anglais déplorent quelque 500 morts, un millier de blessés et 20 disparus, tandis que les vaillants Canadiens-Français ont seulement 106 tués et 266 blessés.

- 31 juillet 1759 : Victoire canadienne-française aux Chutes Montmorency, un débarquement britannique est mis en échec.

- Printemps 1760 : Victoire canadienne-française à Sainte-Foy, les Plaines d'Abraham sont reprises, la basse-ville de Québec est libérée et la haute-ville est assiégée. Cet affrontement majeur est en fait la deuxième Bataille des Plaines d'Abraham, mais avec la disposition des forces inverse. Les Canadiens-Français ont gagnés et repris l'avantage, mais la France métropolitaine n'enverra pas de renforts, abandonnant les Canadiens et scellant ainsi leur destin pour des générations à venir.

-La bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760)

- 16 au 24 août 1760 : Bataille des Mille Îles Sur le Saint Laurent supérieur, au Fort Lévis, une petite garnison française (300 réguliers) tient tête à l'armée britannique de 11 000 hommes. L'opiniâtreté des Français leur permet de couler 2 navires de guerres et d'en endommager sérieusement un troisième. La garnison tient 1 semaine avant de rendre les armes, à court de munitions. Il ne reste alors que 25 soldats valides. Cette incroyable résistance ne fait cependant que retarder l'inéluctable.

-Chateauguay Le 26 octobre 1812, 1 000 soldats canadiens-français, dirigées par le colonel de Salaberry (ayant reçu comme ordre non pas de mettre en déroute, ni de stopper, mais de relentir l'ennemi), repoussent les 7 000 Américains sur les bords de la rivière Chateauguay.

-Bas-Canada - Bataille de Saint-Denis Le 23 novembre 1837, lors de la Rébellion du Bas-Canada de 1837, les 200 Patriotes (avec seulement 100 fusils de chasse) du docteur Wolfred Nelson battent les 300 soldats de métier britanniques de Sir Charles Gore.

- Guerres Mondiales Énumérer toutes et chacunes des victoires canadiennes-françaises sur terre, mer et dans les airs de la Grande Guerre ainsi que de la Seconde Guerre mondiale serait beaucoup trop long. Je vais me limiter aux honneurs de bataille (batailles qui furent pour la plupart gagnées) du Royal 22e Régiment canadien-français uniquement.

Voici celles de la Première Guerre mondiale : Mont-Sorrel, Somme 1916-1918, Flers Courcelette, Thiepval, les Hauteurs de l'Ancre, Vimy 1917, Arleux, Scarpe 1917-1918, Côte 70, Ypres 1917, Passchendale, Arras 1917-1918, Amiens, Canal du Nord et Ligne Hindenburg, Cambrai 1918, France et Flandres 1915-1918, Poursuite à Mons.

Et ceux de la Deuxième Guerre mondiale : Débarquement en Sicile, Valguarnera, Adrano, Catenanuova, Sicile 1943, Débarquement à Reggio, Potenza, La Sangro, Casa Berardi, Torre Mucchio, Vallée de la Liri et Cassino II, Ligne Gustave, Ligne Hitle, Ligne Gothique, Borgo Santa Maria, San Fortunato, Passage Lamone, Ligne Rimini, San Martino-San Lorenzo, Cesena, Italie 1943-1945, Appledoorn, Nord-Ouest de l'Europe1945. Si l'on aditionnait les honneurs de bataille de toutes les autres unités combattantes francophones, la liste serait gigantesque.

- Corée - Bataille de la Colline 355 Les forces chinoises communistes lancent leur dernière offensive - leur assaut final - contre le la Corée du Sud. Des nuées de soldats chinois franchisent le No-man's Land et entrent en contact avec les forces des Nations unies. Les soldats du Royal 22e, positionnées aux côtés de troupes américaines, tiennent bon.

Toutefois, les GI's n'en font pas autant, et sous peu, ils courent pour leur vies en se repliant sur la colline canadienne-française. En se faisant, ils traversent même les champs de mines du « 22 » destiné aux communistes ! Les Québécois, eux, n'abandonnent surtout pas, et avec l'aide des rescapés Américains, ils reconquérissent la colline américaine tout en continuant de défendre la leur !

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par Nomad, 11 Juin 2009


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NOS HÉROS: Jean Brillant


Jean Brillant CV, MC (15 mars 1890 – 10 août 1918) est un soldat et récipiendaire canadien de la croix de Victoria, la plus haute distinction britannique et des forces du Commonwealth.

Jean Brillant est né à Routhierville au Québec. Il est le fils de Joseph Brillant, ouvrier de maintenance de voies ferrées, et de Rose-de-Lima Raiche.

Il était lieutenant dans le 22e Bataillon (canadien français), formé de volontaires francophones durant la Première Guerre mondiale. Cette unité, ancêtre du Royal 22e Régiment, faisait partie du Corps expéditionnaire canadien.

Valeur militaire

Les 8 et 9 août 1918, à l'est de Méharicourt en France, le lieutenant Brillant fut blessé lors de la capture d'une mitrailleuse qui faisait feu sur sa compagnie. Malgré sa blessure, il refusa de quitter son poste. Plus tard, sa compagnie fut prise sous le feu d'autres mitrailleuses. Brillant, avec l'appui de deux pelotons, se rua à l'attaque, faisant 150 prisonniers et capturant 15 mitrailleuses. Il fut blessé une deuxième fois, cette fois-ci à la tête, obtint des soins sur place et refusa une deuxième fois de quitter son commandement. Finalement, il mena une charge vers une pièce d'artillerie et fut de nouveau sérieusement blessé par des éclats d'obus dans l'abdomen, mais continua à avancer jusqu'au moment où il tomba, insconcient. Il mourut le lendemain. Jean Brillant reçut la croix de Victoria à titre posthume le 27 septembre 1918.

Le lieutenant Brillant est inhumé dans le cimetière militaire australien de Villers-Bretonneux, à 15 kilomètres d'Amiens.

Mémoire

Le nom du lieutenant Jean Brillant reste vivant de plusieurs manières différentes. Il est commémoré à Québec dans le musée du Royal 22e Régiment, à Montréal où un parc et une rue à proximité de l'Université de Montréal portent son nom, à la base militaire de Valcartier au nord de la ville de Québec, à Rimouski ou encore à Sainte-Foy. Il fut aussi l'objet de nombreuses publications.

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par Nomad, 11 Juin 2009


NOS HÉROS: Jean, Héros de la Rivière-Ouelle


En 1690, des bateaux sont venus de Boston pour attaquer Québec, sous les ordres de Phipps. Les habitants de Rivière-Ouelle avaient eu vent de leur arrivée et se sont préparés à les recevoir. Les Anglais se sont ancrés à Rivière-Ouelle et se sont approchés de la rive dans des chaloupes. Comme la marée était haute, l'eau atteignait l'orée des bois. Quelques dizaines d'habitants de Rivière-Ouelle étaient aux aguets dans les bois, avec leurs fusils chargés. Quand les Anglais furent à portée, on entendit un ordre de faire feu. Les Anglais n'étant pas préparés à cette attaquent prirent paniquent alors que les coups de feu pleuvaient (à cette époque, il fallait recharger les fusils manuellement: mettre la poudre, tasser la poudre, mettre la balle et tirer). Ils ne pouvaient estimer le nombre de leurs assaillants. Malgré les ordres de leur officiers qui se perdaient sous le bruit des fusils, les soldats regagnèrent leurs navires. L'histoire a donné à ce petit groupe de combattants le titre de Héros de la Rivière-Ouelle.

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Ils sont des héros parce que malgré leurs petits nombres ils ont tenu tête à l'adversité et sauvé leur région d'une invasion. Ceux qui ose, gagne!

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par Nomad, 04 Juin 2009


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NOS HÉROS: Montmagny


Né à Paris en 1601, le Chevalier Charles Huault de Montmagny fut éduqué par les Jésuites, poursuivi ses études en droit à l’Université d’Orléans, devint membre de l’Ordre de Malte en 1622 et développa ses talents militaires dans les campagnes militaires de son ordre contre les corsaires musulmans de l’Afrique du Nord. Nommé successeur du Sieur Samuel de Champlain en tant que gouverneur de la Nouvelle-France, il y débarqua en 1636.

Le défi suivant l’y attendait : Rapidement alliés aux nations autochtones commerçantes du St-Laurent, les Français avaient décidé de les appuyer dans leur combat contre leur ennemi traditionnel ; la Confédération Iroquoise. Si, avec l’assistance des mousquetaires français, les tribus alliées remportèrent d’abord un certain nombre de victoires, le décès de Champlain en 1635 laissa les jeunes colonies dans une situation précaire. Le commerce le long du Hudson avec les colonies hollandaises avait fourni aux Iroquois des armes européennes meurtrières et précises, dont l’arquebuse et le mousquet. Ainsi armés et enflammés par le désir de se venger, les Iroquois détruisirent les villages de leurs ennemis, massacrant de nombreux Algonquins, Montagnais, Hurons et Français tout le long du St-Laurent.

Dès son arrivée, Montmagny dut immédiatement faire face à la fois à cette menace Iroquoise ainsi qu’au défi de la propagation de la foi catholique parmi les tribus amérindiennes. Tel que l’expliquait un chef Montagnais à Montmagny : « Deux ennemis nous détruisent ; l’ignorance de Dieu, qui tue nos âmes, ainsi que les Iroquois, qui tuent nos corps ».

La première épreuve de Montmagny en Nouvelle-France prit peu de temps à voir le jour. En aout 1637, une bande de 500 guerriers iroquois attaqua des canoës hurons dans la région de Trois-Rivières. Pour mieux saisir l’ampleur de la menace, il faut souligner le fait que la population française du Canada à l’époque ne dénombrait que quelques centaines d’âmes. Montmagny était présent à Trois-Rivières au moment de la razzia et assura personnellement la défense de la colonie, armant les alliés Hurons d’épées, de pôles et de couteaux. Bien que formé aux arts militaires en Europe, Montmagny respectait l’efficacité des tactiques de guerre des Iroquois, qui misaient fortement sur des ruses et des embuscades. Selon le Père Paul Le Jeune, il a cependant « tout mis en si bon ordre, tant parmi les Français que les Sauvages [sic.], qu’il y avait lieu de louer le Seigneur pour la méthode et la discipline de part et d’autre. » Ouvert d’esprit, il était aimé autant par les Amérindiens algonquins, montagnais et hurons que par les colons.

Dans les années qui suivirent, les Iroquois concentrèrent leurs attaques sur des cibles plus faciles et Montmagny put consacrer plus de son temps à propager la foi parmi les Amérindiens. Ardent promoteur de leur conversion, il mit en place le programme d’instruction amérindien à Sillery. Un séminaire fut également fondé par les Jésuites en vue d’éduquer les Hurons et Algonquins et Montmagny fit autant qu’il put pour assister les missionnaires dans cette œuvre. Le Père Le Jeune le considéra « un exemple remarquable de piété ». Il alla même jusqu’à assister aux cours de catéchisme et à parrainer personnellement au moins une douzaine de catéchètes amérindiens.

Lorsqu’un nombre de Montagnais qui vinrent à s’installer à proximité des colons Français contractèrent une maladie incurable, Montmagny alla fréquemment visiter ces malades. Lorsque le fils d’un certain Noël Nagabamat mourut, ce dernier dit au Père Le Jeune : « Nikanis, dites au capitaine que je le remercie d’avoir visité mon fils durant sa convalescence. Assurez-lui que mon cœur est en paix et que je n’oublierai pas ma promesse à Dieu de le servir toute ma vie ». Le Père Le Jeune rapporta que ces paroles affectèrent fortement Montmagny, qu’il qualifia en cette occasion de « Chevalier du Saint-Esprit, tant il est prêt à accomplir des actions courageuses et empreintes de l’Esprit du Très Haut. »

Montmagny se montra également zélé dans sa défense des Amérindiens convertis contre ceux qui s’objectaient à leurs pratiques chrétiennes. Lorsque les intentions amoureuses d’un jeune guerrier montagnais païen furent rejetées par une fille chrétienne, le père du premier menaça de mort tous les habitants du village qui s’étaient convertis. Lorsqu’il dut ensuite comparaitre devant Montmagny, ce dernier lui fit comprendre qu’il était lui-même un pratiquant fervent et qu’il considérerait toute attaque sur un Amérindien chrétien comme une attaque contre sa propre personne. Le Père Barthélemy Vimont nota que « ce sermon… eu son effet ».

Comme la torture des prisonniers était pratiquée parmi les nations autochtones tant alliées qu’ennemies, Montmagny libéra également autant de captifs qu’il le put. Lorsque les Algonquins capturèrent un Iroquois après une escarmouche et que Montmagny le rançonna avant qu’il ne passe au bucher, ce dernier le loua de son sobriquet d’ « Ononthio » en guise d’appréciation. En effet, impressionnés par sa grande stature et sa grande dignité, les amérindiens le surnommaient « Ononthio » ou « Grande Montagne » -traduction de son nom Montmagny, Mons Magnus.

Peu de temps passa avant que de nouvelles attaques iroquoises ne forcent Montmagny à s’atteler de plus belle à la tâche de la défense de la colonie. En 1641, une bande imposante de guerriers iroquois apparut dans les environs de Trois-Rivières avec deux prisonniers français. Montmagny offrit à leurs chefs des couteaux, des couvertures, des mats, des robes et des haches, selon la coutume du pays, ainsi qu’un traité de paix. Lorsqu’il refusa cependant d’également leur donner les arquebuses qu’ils réclamaient, cela leur valut, selon le Père Vimont, que « Monsieur le Gouverneur se résout de leur ‘donner à manger’ des arquebuses, mais pas de la manière qu’ils espéraient. »

Lorsque de Maisonneuve et ses 40 colons débarquèrent en vue de fonder Ville Marie (plus tard Montréal) en 1641, Montmagny les hébergea d’abord tout l’hiver à ses frais et, le printemps venu, les escorta personnellement à leur destination.

Montmagny fortifia par la suite les postes français et ordonna à aux navires naviguant la rivière Richelieu de décharger leurs cannons sur tout arquebusier iroquois qu’ils y trouveraient. S’il connut quelques victoires, les Français durent également écoper la perte de plusieurs missionnaires aux mains des Iroquois, dont les pères Isaac Jogues et René Goupil en l’honneur desquels Montmagny fit ériger une grande croix.

Montmagny tenta par la suite à plusieurs reprises de conclure une paix avec les Iroquois et sembla presque y parvenir en 1645 lorsque, durant un échange de prisonniers, un captif iroquois s’exclama : « Onothio, il faut admettre que vous êtes bon… Notre colère s’est dissipée. Je n’ai plus d’ardeur que pour la paix et le bonheur ». Si les Iroquois attaquèrent bientôt de nouveau les Français et leurs alliés amérindiens de la région de Québec avec une férocité renouvelée, Montmagny avait déjà complété son troisième mandat en tant que Gouverneur et avait été rappelé à la Métropole en 1648. Il quitta la Nouvelle-France sincèrement regretté de tous pour sa prudence et sa sagesse. Avec son départ, la Nouvelle-France fut dépourvue d’un chef fort et fut plongée dans un état de crise. Les alliés amérindiens des Français, ainsi que leurs missionnaires Jésuites, furent presque entièrement anéantis par les Iroquois.

Après son retour en France, Montmagny fut envoyé à St. Christophe dans les Antilles, une possession de son Ordre, où il mourut en 1651. Il est enterré à l’Eglise de Basseterre.

Si plusieurs historiens Canadiens-Anglais accusent Montmagny de n’avoir été qu’un « pion » des Jésuites, l’indépendance de son gouvernement démentit ces accusations. En tant que gouverneur, Montmagny vit à l’extension et au renforcement des défenses du Fort St-Louis, ainsi qu’à la construction du Collège Jésuite, de l’Abbaye des Ursulines et de l’hôpital Hôtel-Dieu, dédiant les noms des rues de Fort Louis au Roi, ainsi qu’aux Saints Patrons de Paris et de son Ordre. Il construisit Fort Richelieu (Sorel) sur un lieu où il remporta une victoire sur 700 Iroquois. Il contribua grandement au développement économique de la Nouvelle-France en concédant 20 domaines agricoles à des familles coloniales industrieuses. L’Isle Jésus, parallèle à l’ile de Montréal, fut en fait d’abord nommé Isle Montmagny en son honneur. Sa prévoyance, sa diligence et son courage personnel taillèrent pour Montmagny une réputation parmi les Amérindiens qui fut cruciale à la survie des colonies françaises en Amérique. A preuve de son impact personnel parmi les Amérindiens, ses successeurs reprirent à leur tour le titre d’ « Ononthio ». Selon les témoignages et les écrits de ses contemporains, le Chevalier de Montmagny était doux de tempérament, courtois, affectueux, pieux, honnête, charitable et ouvert d’esprit. Il fit montre d’un zèle admirable pour la propagation de la foi chrétienne. Durant les dix ans de son Gouvernorat, en protégeant toutes les personnes dont il avait reçu la charge, respectant la Loi et propageant la Bonne-Nouvelle, le Chevalier de Montmagny s’illustra en tant qu’officier du pouvoir public, chef et catholique modèle.

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Retour à l'accueilAller au précédentAller au suivantNOS HÉROS: François-Gaston, duc de Lévis

par Nomad, 04 Juin 2009


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NOS HÉROS: François-Gaston, duc de Lévis


LEVIS (François-Gaston, seigneur et duc de) (1720-87), sous-lieutenant au régiment de la marine, capitaine, aide-major, colonel, chevalier de Saint-Louis, brigadier-général et commandant en second, commandant en chef, lieutenant-général, gouverneur de l'Artois, maréchal de France et duc de Lévis.

Le berceau de la famille de Lévis - aujourd'hui Lévy-Saint-Nom, en Seine-et-Oise, - désigne une localité située entre Chevreuse et Versailles, à une lieue et demie de Trappes. La maison était l'une des plus antiques et nobles de France. En 1179, époque de la troisième croisade, le chevalier Philippe, seigneur de Mirepoix, accompagnait le roi Philippe-Auguste en Terre-Sainte. Deux membres de la descendance, les barons de la Voulte en Velay, comtes et ducs de Ventadour en Limousin, issus de la branche de Lautrec (Languedoc), Henri de Lévis duc de Ventadour et François-Christophe duc de Damville, avaient été nommés vice-rois de la Nouvelle-France, le premier en 1625 et le second en 1644.

Fils de Jean de Lévis, marquis d'Ajac et de Jeanne Maguelonne, de la branche de Lévis-Léran, François-Gaston naquit le 23 août 1720 au château d'Ajac près de Limours, dans le Languedoc - aujourd'hui département de l'Aude. Cadet de la famille, à l'âge de quatorze ans, le chevalier portait l'épée dans le régiment de la marine. Lieutenant, il se battit à l'action de Clausen : sa bravoure lui valut une promotion. Ce fut, a-t-on dit, durant la campagne de Bohême, que M. de Montcalm et lui se virent pour la première fois. Blessé à la cuisse d'un éclat de bombe au siège de Prague, il se trouva au nombre des invalides, laissés dans cette ville à la garde de l'héroïque Chevert. Il soutint un combat opiniâtre sur les bords du Mein à la tête d'un détachement de cent hommes, et il assista, le 27 juin 1743, à la bataille de Dettinghen : il revint alors en France. Passé ensuite à l'armée de la Haute-Alsace, mise sous les ordres du maréchal de Coigny, il la suivit en Souabe, où il se distingua comme dans les précédentes campagnes. En 1745, il servit sous le prince de Conti et se trouvait au passage du Rhin; puis l'année suivante, il suivit son régiment dirigé sur Nice pour défendre les frontières de la Provence. Nommé aide-major en 1747, M. de Lévis se signala aux sièges de Montauban, de Valence, de Cazale, de Villefranche et du Château de Vintimille. A la désastreuse rencontre de Plaisance, il eut son cheval tué et fut blessé à la tête dans une reconnaissance.

Ces glorieux antécédents déterminèrent le comte d'Argenson à le désigner comme commandant en second, sous le marquis de Montcalm en Nouvelle-France. Colonel depuis 1746, chevalier de Saint-Louis en 1748, il fut fait brigadier en 1756. Il s'embarqua à Brest, le 26 mars, sur la Sauvage , commandée par M. de Tourville, avec les officiers M. de La Rochebeaucour, M. des Combles, ingénieur militaire, et M. de Fontbrune, son aide de camp; mais frégates et transports ne mirent à la voile qu'au commencement d'avril.

Il arriva à Québec le 31 mai. Le 27 juin, partis de Montréal, M. de Montcalm et M. de Lévis qu'accompagnait le chevalier de Montreuil remontèrent la rivière Richelieu, en faisant de courts arrêts à Chambly et à Saint-Jean, puis à Saint-Frédéric, traversèrent le lac Champlain et arrivèrent à Carillon le 3 juillet. Le commandant chargea son second d'un détachement, en vue de reconnaître les chemins des Agniers vers le nord-ouest et de constater si l'ennemi pourrait s'en servir, en venant attaquer ses forts de Carillon et de Saint-Frédéric. Le chevalier passa trois jours dans les bois, couchant à la belle étoile, marchant comme les Canadiens et les Sauvages et les étonnant par sa vigueur et son endurance. Au départ de Montcalm, le 16, il resta à la tête des troupes de la frontière. Après la prise de Chouaguen, le général retourne à Carillon avec des renforts : le 10 septembre, il approuve entièrement les dispositions prises par son lieutenant et donne des éloges à l'ordre de bataille qu'il avait dressé, au cas d'une attaque de l'armée que commandaient Loudoun et Winslow. En partant, le 26 octobre, il laisse à M. de Lévis les ordres pour le déblaiement des camps et la répartition de l'armée aux quartiers d'hiver. En juin 1757, M. de Lévis accompagne son supérieur à Saint-Jean, à Chambly, à Sainte-Thérèse en vue des préparatifs de la campagne.

Le mois suivant, tous deux sont rendus à Carillon : M. de Lévis va à la Chute avec les bataillons la Sarre, Guyenne, la Reine et Languedoc : les rapides offrant un obstacle infranchissable, il se vit forcé de faire le transport par terre en ouvrant un chemin (7 ou 12 juillet) : il y déploya une grande habileté dans une opération difficile de portage de 150 bateaux et de 15 canons. Pour marcher à l'attaque de William Henry, le marquis de Montcalm le mit à l'avant-garde avec environ 2,970 hommes, y compris les Sauvages (29 juillet) :cette avant-garde devait franchir, par une chaleur torride, dix lieues à travers bois et montagnes. M. de Lévis avait sous lui M. de Sénezergues, lieutenant-colonel, et M. de La Pause, aide-major, et nul n'avait ni tente ni équipage; il arriva à la baie Ganaouské (Northwest Bay) sur le lac Saint-Sacrement (George), le 12 août, à cinq lieues de William-Henry. Avec ses troupes débouchant en vue du fort, il contourna la place par le sud-ouest et prit position sur le chemin qui mène au fort Edouard ou Lydius. On connaît le succès des armes françaises. Après la victoire, un témoin oculaire montre dans son récit M. de Lévis partout où le tumulte des Sauvages au pillage paraissait le plus échauffé, pour tâcher d'y remédier. Il affronta mille fois la mort à laquelle il n'aurait pas échappé, si la Providence n'eût arrêté les bras sauvages déjà levés pour le frapper.

M. de Vaudreuil, injuste envers M. de Montcalm dans sa correspondance officielle, accordait à M. de Lévis ses bonnes grâces : il sollicita pour lui le grade de maréchal de camp, que le chevalier aspirait lui-même à posséder et que le général implorait en sa faveur. Retourné à Montréal le 8 septembre, M. de Lévis reçut les instructions relatives au mouvement des troupes, à leur cantonnement d'hiver, aux permissions à accorder aux officiers. Cet hiver, il se montra galant à l'égard de Marguerite Le Moyne de Martigny, épouse du sieur Pénisseault; on le blâma souvent de s'asseoir à sa table avec des gens fort mélangés. En janvier 1758, il fallut servir du cheval aux troupes; M. de Lévis fit taire murmures et réclamations, en se faisant lui-même servir cette viande.

Le 8 juillet suivant M. de Lévis est à Carillon avec M. de Sénezergues et cent réguliers: il commande la droite. Dans le fort de l'assaut des vaillants Montagnards d'Ecosse, un cri retentit soudain : En avant, Canadiens! C'est le chevalier qui ordonne une sortie aux compagnies coloniales, commandées par les sieurs de Raymond, de Saint-Ours, de Lanaudière, de Gaspé. En même temps, le feu de front redouble. M. de Lévis reçoit deux balles dans son chapeau. Aussi bien, le général qui combat tête nue, les yeux pleins d'éclairs, se battant comme le dernier de ses soldats, écrivait à M. Doreil, le soir même de la victoire : « Si j'avais eu 200 Sauvages pour servir de tête à un détachement de 1.000 hommes d'élite, dont j'aurais confié le commandement au chevalier de Lévis, il ne serait pas échappé beaucoup d'Anglais dans leur fuite! » Il ajouta dans une lettre au ministre : « Le chevalier et M. de Bourlamaque ont eu la plus grande part à la gloire de cette journée. »

En 1759, M. de Lévis était créé maréchal de camp. Le 28 mai, il vint à Québec pour servir à sa défense. Le lendemain, le marquis de Montcalm l'envoie avec les officiers de l'état-major marquer le camp de guerre, déterminé le matin, sur les hauteurs de Beauport et préparer les communications; le lieutenant désigna les positions des divers corps suivant l'ordre de bataille qu'il rédigea promptement (10 juin). Le 28, on plaça à la gauche, depuis le ruisseau jusqu'au Saut de Montmorency, les troupes du gouvernement de Montréal, avec le bataillon de la ville aux ordres de M. de Lévis. Il y avait trois gués sur la rivière Montmorency : celui du Passage d'hiver à trois milles de l'embouchure, et deux autres un peu plus haut. Durant juillet et août, les Anglais tentèrent, à plusieurs reprises, de les franchir; et il y eut souvent de vives escarmouches. Canadiens et Sauvages les passèrent pour aller surprendre les postes avancés de l'ennemi. Mais le 31 juillet, deux transports et le Centurion , vaisseau de guerre, débarquaient au Saut environ 2.000 hommes : 60 bouches à feu foudroyaient les retranchements et les redoutes. M. de Lévis les fit border, rallia ses troupes et les fit marcher au-devant des Anglais qui débarquaient des transports : il dirigea un feu plongeant sur tous ceux qui voulaient escalader les hauteurs. La nuit tomba sur le champ de carnage et le général désespéré ordonna la retraite, laissant sur les rives de quatre à cinq cents tués ou blessés. La perte des Français s'élevait à une centaine. L'amiral Saunders fit incendier les deux transports échoués. M. de Lévis fut le héros de la victoire de Montmorency.

Les revers se précipitant dans l'Ouest, M. de Vaudreuil et le Marquis donnèrent au chevalier « un ordre pour commander en chef sur les frontières du gouvernement de Montréal ». Il partit le 9 août au soir avec M. de La Pause et M. Le Mercier. C'est alors qu'avec 800 hommes il organisa le fort Lévis. Au décès de Montcalm, il devient lieutenant-général, officiellement en 1761. Le 10 octobre, il écrivait à M. de Vaudreuil qu'il réclamait pour lui seul tous les papiers du défunt. II arriva à Québec le 17 septembre 1759, remonta le moral des troupes et s'avança vers Québec, jusqu'au moment où il apprit la capitulation; forcé ainsi d'arrêter ce mouvement offensif, il se replia sur Jacques-Cartier et y resta jusqu'au 10 novembre. Après y avoir établi, pour l'hiver; le major Dumas, il rejoignit le gouverneur à Montréal.

Là, il conçut et mûrit le projet de reprendre Québec. Il activa ses préparatifs et partit en bateau le 21 avril 1760; il débarqua le 26 à Saint-Augustin et atteignit Sainte-Foy, le lendemain. Murray, prévenu de son approche, sortit de Québec, le 28, à la tête de 3.000 hommes environ et avec 22 canons. La bataille s'engagea un peu en deçà de l'endroit où les généraux Wolfe et Montcalm étaient tombés; mais l'effort s'en porta plus à gauche, vers le chemin de Sainte-Foy. Elle dura deux à trois heures et se termina par une complète victoire pour les Français. M. de Lévis commença immédiatement le siège de la capitale : il fit travailler à ouvrir une parallèle et à ériger trois batteries. Le 11 mai, son artillerie ouvrit le feu contre les remparts. Mais l'arrivée soudaine de plusieurs vaisseaux de guerre britanniques en rade le força à abandonner son entreprise: il fit sa retraite sur Jacques-Cartier et regagna Montréal. Trois armées anglaises marchaient vers la ville : environ 30.000 hommes, c'est-à-dire dix contre trois.

Le 6 septembre, l'état-major de M. de Vaudreuil ayant adopté les articles de la capitulation, M. de Lévis lui présenta un mémoire succinct, où il suggérait de rejeter les articles où le général Amherst exigeait que les 8 bataillons français se constitueraient prisonniers sur parole de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre; il lui demandait la liberté de se retirer avec les troupes dans l'ile Sainte-Hélène pour y soutenir l'honneur des armes du roi de France. Le marquis de Vaudreuil répondit qu'il agréait comme avantageuses les conditions proposées par le général anglais et qu'il ordonnait à M. de Lévis de se conformer à la présente capitulation et de faire mettre bas les armes aux troupes (8 septembre). A la réception de cet ordre formel, le chevalier donna instruction aux différents régiments de brûler leurs drapeaux; il note le fait dans son Journal des Campagnes. Ce ne fut point dans l'île Sainte-Hélène, où il n'y avait que 400 hommes, mais dans l'île de Montréal où les bataillons étaient dispersés : quelques-uns échappèrent, semble-t-il, puisque, le 11, le général Amherst écrivait à Haldimand, commandant de la ville « que les drapeaux français qu'on avait vus devaient être livrés ».

Le chevalier se rendit, à Québec, aux invitations du général Murray, qui le traita en frère d'armes, lui souhaitant une heureuse traversée. Il s'embarqua, le 18 octobre, à bord de la Marie avec le chevalier de Montreuil, le commissaire Bernier, etc. et arriva à La Rochelle. Le roi d'Angleterre leva tôt après la défense d'Amherst de servir durant la guerre, mais en Europe seulement. Louis XV témoigna au chevalier sa satisfaction en le créant, en 1761, lieutenant-général par une promotion spéciale.

A l'ouverture de la campagne, celui-ci alla rejoindre l'armée du Rhin, sous les ordres du maréchal de Soubise. Après avoir assisté aux combats de Fillinghausen et de Schedinghem, il vint renforcer en Hesse le maréchal de Broglie, avec un corps de 10,000 hommes. Chargé en 1762 du commandement de l'avant-garde du corps de réserve du prince de Condé, il soutint avec succès toutes les attaques du prince de Brunswick. Il eut une large part à la brillante action de Greminghen : attaqué par 25,000 combattants à deux lieues de l'armée, il ne put jamais être entamé, ayant eu sous lui son cheval tué. Ce fut lui qui décida du succès remporté à Johannisberg, la gauche de l'armée soutenant les assauts de Brunswick; même, trois jours après, avec 4,000 hommes, il se maintint sur la montagne contre dix-neuf bataillons et trente pièces de canon. Ses anciens compagnons d'armes du Canada, rendus inactifs, MM. de Bourlamaque et de Bougainville, ne manquèrent pas de le féliciter par lettres.

Au décès du duc de Chaulnes en 1766, le général de Lévis fut créé gouverneur de l'Artois. En 1771, on le nomma capitaine des gardes de M. le comte de Provence (Louis XVIII), chevalier des Ordres du roi en 1776, gouverneur d'Arras en 1780, maréchal de France en 1783, duc de Lévis en 1784 avec droit héréditaire : il mourut d'apoplexie à Arras, le 26 novembre 1787.

L'historien canadien, auteur du Marquis de Montcalm, a tracé une esquisse du chevalier de Lévis en ces termes : Sa physionomie n'a pas encore été étudiée à fond. Il avait de l'intelligence, de l'éducation et de l'instruction, sans être un lettré. A défaut de connaissance des livres, il possédait une utile science des hommes. Il était calme, froid, avisé et perspicace. Passé maître dans l'art de bien vivre avec tout le monde, il savait adroitement se tenir en dehors des querelles d'autrui. Il gagna et conserva la confiance et l'amitié des hommes que séparait la plus violente antipathie : ainsi M. de Vaudreuil chantait ses louanges et M. de Montcalm lui ouvrait intimement son coeur. Sa qualité maîtresse était le tact. Grâce à elle, son mérite ne connut jamais l'ombre et sa carrière fut une suite ininterrompue de succès : il mourut gouverneur d'Arras avec des émoluments, des gratifications, des pensions qui dépassaient 97,000 livres.

Source : Louis Le Jeune, Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mours, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. II, Ottawa, Université d'Ottawa, 1931, 829p., pp. 148-150.

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Retour à l'accueilAller au précédentAller au suivantLa Bataille de Châteauguay

par Nomad 31 Mai 2009

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La Bataille de Châteauguay



La bataille de la Châteauguay s'inscrit dans le contexte plus large des guerres napoléoniennes du début du XIXe siècle. La France de Napoléon Bonaparte et l'Angleterre de George III s'affrontent dans une guerre à caractère économique. L'objectif des deux puissances est de limiter les activités commerciales de l'autre. Alors que Napoléon décrète un blocus continental qui met un terme à tout le commerce avec l'Angleterre, cette dernière utilise sa puissante flotte pour empêcher aux bateaux français de quitter leurs ports.

LES ÉTATS-UNIS ET LA GUERRE

Les États-Unis, pays neutre dans le conflit, tirent grand profit de cette situation en commerçant avec les deux adversaires en même temps. Tout le transport de marchandises de l'Europe s'effectue dès lors à bord de navires américains. Les Américains ignorent donc le blocus britannique, ce qui accentue les tensions entre les deux pays.

L'étincelle qui met le feu aux poudres survient le 22 juin 1807, lorsque le vaisseau anglais Leopard, en quête de déserteurs britanniques, attaque le navire américain USS Chesapeake pour l'arraisonner. Trois marins américains sont tués lors du combat. Les Américains disposent cependant d'une marine trop peu importante pour affronter directement la marine anglaise. Ils décident alors de cibler le Canada, colonie britannique, que plusieurs rêvent depuis longtemps d'annexer à l'Union américaine. Le président américain James Madison fait entériner par le Congrès une déclaration de guerre contre l'Angleterre, le 18 juin 1812.

LE CONTRÔLE DU FLEUVE

En 1813, la stratégie américaine vise d'abord le contrôle du fleuve Saint-Laurent et la conquête de Montréal, afin de couper les lignes de ravitaillement du Haut-Canada. Les troupes du général Wade Hampton empruntent donc la route longeant la rivière Châteauguay vers le nord.

CHARLES-MICHEL D'IRUMBERRY DE SALABERRY

Charles-Michel de Salaberry Entre alors en scène un personnage désormais légendaire: Charles-Michel de Salaberry. Né à Beauport le 19 novembre 1778 et issu de la noblesse canadienne-française, il est le fils aîné du seigneur de Beauport. Son grand-père, Michel de Salaberry (1704-1768) s'est illustré dans la guerre contre l'Angleterre et la tradition militaire est bien ancrée dans cette famille d'aristocrates.

Engagé comme volontaire dans l'infanterie britannique dès l'âge de 14 ans, de Salaberry est d'abord en garnison à Québec, puis transféré aux Antilles en 1794. Après avoir combattu aux Antilles, en Sicile et en Irlande, il rentre à Québec en août 1810, après une absence de 16 ans. Plus habitué à l'anglais qu'à sa langue maternelle, il communique par écrit en anglais avec son propre père. Il obtient le grade de major en 1811. Devant la menace éminente d'un conflit au Canada, le gouverneur général George Prevost reconnaît les talents et l'influence de Charles-Michel de Salaberry. Il lui demande de lever, parmi ses compatriotes, un corps d'infanterie légère composé principalement de Canadiens français: les Voltigeurs canadiens.

LES VOLTIGEURS

Si les Britanniques n'avaient aucune difficulté à organiser des corps de volontaires anglophones, les habitants francophones du Bas-Canada se montraient beaucoup plus réticents à s'engager. Le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Hertel de Rouville remarqua que l'uniforme rouge des militaires britanniques était très mal vu par les Canadiens français. Il suggéra que de nouvelles couleurs soient acceptées afin d'améliorer les résultats des campagnes de recrutement.

C'est le 15 avril 1812 que fut mis sur pied le corps de volontaires provincial d'infanterie légère connu sous le nom de Voltigeurs canadiens. Le document qui autorise la mise sur pied de ce nouveau régiment francophone affirme que "les armes devront être des carabines d'infanterie légère avec des buffleries noires; l'uniforme sera gris avec collet, parements et boutons noirs, et de courtes bottes canadiennes. Des bonnets légers en peau d'ours." L'uniforme du Voltigeur

Grâce au nouvel uniforme et à la composition francophone du régiment, les volontaires se font nombreux. Les rangs des Voltigeurs sont remplis après seulement quelques mois. Ce corps ne faisait pas partie de l'effectif régulier de l'armée britannique et était financé par la province du Bas-Canada. À l'exception de l'adjudant et du quartier-maître qui furent choisis parmi les régiments réguliers, Salaberry recruta ses officiers parmi d'éminentes familles francophones du Bas-Canada. Ces valeureux combattants ne se battaient pas au nom de l'Empire britannique, mais bien pour défendre leur patrie d'un envahisseur étranger, comme leurs grands-pères l'avaient fait sur les Plaines d'Abraham. Leur patriotisme était purement canadien, comme le démontre plusieurs de leurs chansons.

L'INVASION DÉBUTE!

Dans les premiers mois de la guerre, les Voltigeurs furent assignés aux positions défensives en première ligne dans les Cantons de l'Est. En novembre 1812, lorsque les forces du général Dearborn montèrent de Plattsburgh avec 6000 hommes, le major de Salaberry dépêcha les Voltigeurs et quelques Amérindiens à Lacolle où ils mirent un terme à l'avance des Américains après une résistance de plusieurs jours.

Fin septembre 1813, de Salaberry (maintenant lieutenant-colonel à l'âge de 35 ans), est responsable de la défense de la rivière Châteauguay. Il reçoit l'ordre non pas de mettre en déroute, mais bien de ralentir les Américains afin que la défense de Montréal soit adéquatement organisée. Il installe ses retranchements près de Allan's Corner. Pour Salaberry, il s'agit d'un terrain idéal. La forêt dense rendra inutile l'artillerie lourde des Américains (ils possèdent effectivement 10 canons). Elle donnera également l'avantage à son infanterie légère. Les arbres et les nombreux ravins étaient idéaux pour ralentir l'avance de l'ennemi. Finalement, il s'installe tout près de la rivière qui lui constitue une protection parfaite sur le flanc gauche.

Un seul problème: un passage à gué (nommé Grant) situé à quelques 2000 verges derrière ses troupes représente une vulnérabilité potentielle. Il anticipe correctement l'envoi de troupes américaines pour attaquer par l'arrière via le gué Grant et décide de placer une compagnie de la milice, sous les ordres du capitaine Brugière, sur la rive sud de la rivière.

Sur la rive nord, Salaberry fait construire des abattis. À l'arrière de l'abattis principal, il fait ériger quatre lignes de défense dont la dernière protège le gué Grant et préserve le flanc des positions canadiennes. LA BATAILLE DE LA CHÂTEAUGUAY

Les 21, 22 et 23 octobre 1813, environ 4359 soldats américains, dirigés par le général Wade Hampton, franchissent la frontière. Pendant ce temps, le lieutenant-colonel de Salaberry établit ses positions sur la rive nord de la rivière Châteauguay. Il ne dispose que d'environ 1000 hommes, réguliers et miliciens confondus. Pour la première fois de l'histoire, les gens d'ici défendent leur pays sans la participation de soldats européens. Ils sont francophones pour la plupart, mais aussi anglophones et amérindiens. Une force si hétérogène, multilingue et peu entraînée peut-elle espérer résister à une armée professionnelle plus nombreuse?

Le 25 octobre au soir, Hampton envoie le colonel Purdy et 1000 hommes dans l'épais bois de la rive sud de la rivière Châteauguay. Leur objectif est de contourner les défenses canadiennes, afin de les prendre à revers via le gué Grant. Salaberry avait vu venir le coup. Leur marche est presque impossible à travers les marécages. Au lever du jour, les soldats transis de froid n'ont pas encore atteint leur but.

LE COMBAT

Le 26 octobre 1813 à 10h30, les troupes américaines avancent, fortes d'environ 3000 hommes. De Salaberry se rend rapidement derrière l'abattis, prenant avec lui la compagnie légère des Canadian Fencibles, deux compagnies de Voltigeurs, 22 Amérindiens et une compagnie du 2e bataillon des miliciens sédentaires de Beauharnois. Au total, seulement 304 hommes affrontent les troupes américaines sur la première ligne.

Un officier américain s'avance seul en vue des barricades et déclare à voix haute, dans un français qui trahit un lourd accent: "Braves Canadiens, rendez-vous. Nous ne vous voulons aucun mal." Le silence s'installe parmi les défenseurs qui s'interrogent du regard. Peut-être craintif que certains de ses hommes répondent à l'invitation, Salaberry s'empare du fusil de l'un d'eux et ouvre le feu en direction du messager. Les troupes américaines prennent immédiatement d'assaut la barricade.

À 11 heures, sur la rive sud, l'avant-garde de Purdy attaque la compagnie de Brugière. Cette dernière reçoit en renfort deux compagnies de miliciens d'élite sous les ordres des capitaines Daly et de Tonnancour. Ces soldats repoussent les Américains et les poursuivent.

À midi, à l'abattis de la rive nord, les Américains poursuivent leur marche vers les Canadiens retranchés derrière l'abattis. Le combat s'engage. Les balles fusent et sifflent de toute part et l'épaisse fumée des détonations recouvre tout le champ de bataille. La fusillade devient si intense que des Fencibles, placés au-devant de l'abattis, reculent derrière celui-ci. Les Américains croient à un début de débandade canadienne et crient victoire.

De Salaberry réagit vite. Il ordonne à ses troupes de crier et fait donner le signal d'avance par tous ses clairons, dans toutes les directions, faisant ainsi croire aux attaquants à un plus grand nombre de défenseurs. La stratégie réussit et les Américains, aveuglés par la fumée, réduisent le tir, s'attendant à être attaqués.

Sur la rive sud, les compagnies de Daly et Brugière combattent déjà depuis un bon moment les troupes de Purdy. Daly parvient à mener ses hommes à proximité des Américains et charge l'ennemi à la baïonnette. Pendant la charge, Daly et Brugière s'écroulent, blessés. Les miliciens canadiens battent en retraite.

Voyant les Canadiens se replier, les Américains se croient victorieux et poursuivent les miliciens. Dans le but de les encercler, ils sortent des bois marécageux et débouchent sur le rivage. Ils se retrouvent alors en face de la position des hommes de Salaberry sur la rive nord. Ce dernier, les apercevant, ordonne d'ouvrir le feu. Le tir d'enfilade est foudroyant. Les Américains se replient en désordre dans le bois.

À 15 heures, Hampton constate la débandade de ses hommes sur la rive sud. Il annonce alors le retrait de ses troupes. La bataille est terminée. Salaberry ne dénombre que 5 morts et 22 blessés. Du côté américain, il est question d'environ 50 morts et d'un plus grand nombre de blessés et de prisonniers. Les troupes canadiennes s'attendent néanmoins à une seconde attaque. Elles passent le reste de la journée et toute la nuit sur le champ de bataille qu'elles viennent de défendre. L'attaque anticipée n'a jamais lieu.

NAISSANCE D'UN MYTHE

Dans les jours qui suivent, des officiers britanniques tels le lieutenant-colonel Macdonnell ou le gouverneur général Prevost (qui n'ont même pas participé à l'affrontement derrière l'abattis) falsifient rapports et modifient les interprétations afin de s'approprier les mérites de la victoire.

Pour la guerre de 14-18 Néanmoins, le lieutenant-colonel Charles-Michel de Salaberry entre dans la légende. La victoire de la bataille de la Châteauguay lui vaut une renommée sans précédent. On lui consacre des poèmes et des chansons, on lui élève des statues, on nomme une ville en son honneur et ses contemporains le comparent même à Léonidas, roi de Sparte, qui, avec 300 hoplites, a héroïquement tenu tête à l'armée de Xerxès, au défilé de Thermopyles (vers 480 avant J.-C.). Salaberry, Voltigeurs et Châteauguay deviennent peu à peu des nomes de rues, d'avenues, de parcs et de lacs. En 1994, au Québec, on a recensé 14 rues Salaberry. La moitié d'entre elles ont été nommées à la mémoire du commandant des Voltigeurs.

Le héros ne connaîtra qu'une courte gloire. Il tomba malade et mourut à l'âge de 51 ans. Le gouvernement colonial l'utilisera dans ses campagnes de propagande qui visent l'obéissance des habitants francophones à la couronne britannique. Cent ans plus tard, on se servira encore de son image pour promouvoir l'enrôlement de jeunes francophones pour les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale.

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par Nomad, 31 Mai 2009


Victoires!


Bataille de Ste Foy

Le 27 avril 1760 au matin, les marins britanniques ramènent un artilleur français à l'article de la mort aux quartiers du Gouverneur James Murray. Ce Français avait été repêché des eaux glaciales après que son embarcation eut fait naufrage. Le captif avertit Murray qu'une force massive formée de Français, de Canadiens et de leurs alliés amérindiens arriverait bientôt de Montréal pour attaquer Québec.

James Murray rassembla un millier de soldats et ordonna à ses hommes de transporter dix canons jusqu'à la zone de tir. Normalement, cette tâche aurait été accomplie par les chevaux, mais les troupes affamées les avaient mangés depuis longtemps. Les soldats britanniques quittèrent la ville pour rejoindre les détachements d'infanterie légère qui se regroupaient dans de petits postes avancés à Sainte-Foy, Sillery et Cap-Rouge

Pendant ce temps, le chevalier de Lévis positionnait ses quelque 5900 soldats au-delà de la forêt, près de Sainte-Foy. Ses troupes comprenaient des soldats réguliers (2600), des miliciens (2400) et des guerriers amérindiens (près de 1000); leur mission était de reprendre Québec aux Britanniques.

La bataille

Le 28 avril 1760, quelques mois seulement après la défaite de la France sur les Plaines d'Abraham dans la ville de Québec, le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, et le chevalier de Lévis repoussent les Britanniques du général James Murray à la bataille de Sainte-Foy et assiègent la ville de Québec. Le sort fait en sorte que les renforts britanniques arrivent en premier en Nouvelle-France, ce qui conduit les troupes françaises à reculer puis à capituler à Montréal et à Trois-Rivières peu après.

La bataille de Sainte-Foy est le dernier battement de cœur de la France coloniale au Canada. Les trois années qui suivront cette bataille seront sous un régime militaire administré par le général Murray et ce, jusqu'à la fin de la guerre de Sept Ans en Europe. La France choisit de conserver les îles des Antilles, tel que la Martinique et plusieurs autres, par le traité de Paris en 1763 sacrifiant ainsi la Nouvelle-France aux Britanniques. Le contexte de l'époque en appellait à la survie de la France toute entière. Les guerres en Europe ont fini par achever les réserves et le peuple criait famine. En offrant toute fois à ses habitants de retourner en France.

Le Monument aux Braves, situé sur le Chemin Ste-Foy, fut dévoilé le 19 octobre 1863 pour commémorer la bataille.

La bataille de Fort Carillon

La bataille de Fort Carillon eut lieu le 8 juillet 1758 à Ticonderoga, au sud du lac Champlain (de nos jours dans l'État de New York) dans le cadre de la guerre de Sept Ans.

Prélude à la bataille

Le fort Carillon est situé sur une pointe au sud du lac Champlain et au nord du lac George, un point naturel de conflit entre les forces françaises se déplaçant vers le sud du Québec par la rivière Richelieu à travers la vallée du lac Champlain vers la vallée de l'Hudson, et des bandes iroquoises au début de la colonie et des forces britanniques par la suite, remontant vers le nord. Le fort est entouré d'eau sur trois côtés, et sur une moitiée du quatrième côté par un marécage. La portion restante a été fortement fortifié par de haut retranchements, soutenu et accompagné par trois batteries de canon, et devant l'ensemble de cette partie fut bloqué avec des arbres abattus, puis les bouts des branches furent durci par le feu, créant ainsi une formidable défense. Toujours est-il que le fort Carillon contrôlait le sud du lac Champlain et l'accès à la rivière Hudson. C'est par ce fort que les troupes du marquis de Montcalm partirent détruire le fort William-Henry, en août 1757.

Les armées en présence

Les 3 600 hommes (dont les 400 Canadiens du chevalier de Lévis) de Louis-Joseph de Montcalm et 250 Amérindiens brisèrent l'assaut des 16 000 britanniques (dont 6000 Tuniques rouges et 10 000 provinciaux[1]) et de leurs alliés les Mohawks (qui ne prirent pas part à la bataille) sous les ordres du major général James Abercrombie.

La bataille du 8 juillet

Abercromby fit faire une attaque brusquée de 12 h à 19 h sans son artillerie sur la face la mieux protégée du bastion. Le capitaine-ingénieur Pierre Pouchot laissa le récit détaillé de la terrible bataille et de la glorieuse victoire. C'est lui qui commanda le feu quand les ennemis, croyant voir un drapeau parlementaire, s'étaient approchés du retranchement: 300 anglais tombaient foudroyés à bout portant.

Après avoir déploré 500 morts, 1000 blessés et 20 disparus, les assaillants se retirèrent vers le lac du Saint-Sacrement (avant lac Horican et aujourd'hui lac George), abandonnant armes, munitions et blessés. Le 42e régiment royal des Highlands (Black Watch) perdit la moitié de sa dotation. Duncan Campbell mourut le 18 juillet.

Du côté français, les pertes furent nettement moindres : 104 tués et 273 blessés.

Montcalm fit un rapport à ses chefs en doublant ces chiffres.

L'année suivante, soit le 27 juillet 1759, le fort, dont la garnison fut retirée pour défendre Québec, fut occupé par Jeffrey Amherst et celui-ci le renomma fort Ticonderoga (du mot iroquois Cheonderoga, qui signifie "la place entre deux eaux").

Réactions européennes

Pour cette victoire éclatante, dont les échos étaient parvenus jusqu'à la cours de Louis XV, «Montcalm, de son côté, fut célébré à Versailles et dans la colonie comme le sauveur du Canada[2].»

Rôle contemporain

Le fort a été rénové en 1909 et est devenu un site touristique.

Un des quatre bastions porte le nom de "Germain" en l'honneur du chevalier Joseph de Germain qui fut l'un des principaux artisans de la construction du fort.

Par le mariage ( décembre 1755, à Montréal) de Joseph de Germain avec Agnès Le Moyne, fille de Charles Le Moyne, second baron de Longueuil, les Germain sont aujourd'hui de la descendance des barons de Longueuil.

Bataille de Montmorency

En 1759, M. de Lévis était créé maréchal de camp. Le 28 mai, il vint à Québec pour servir à sa défense. Le lendemain, le marquis de Montcalm l'envoie avec les officiers de l'état-major marquer le camp de guerre, déterminé le matin, sur les hauteurs de Beauport et préparer les communications; le lieutenant désigna les positions des divers corps suivant l'ordre de bataille qu'il rédigea promptement (10 juin). Le 28, on plaça à la gauche, depuis le ruisseau jusqu'au Saut de Montmorency, les troupes du gouvernement de Montréal, avec le bataillon de la ville aux ordres de M. de Lévis. Il y avait trois gués sur la rivière Montmorency : celui du Passage d'hiver à trois milles de l'embouchure, et deux autres un peu plus haut. Durant juillet et août, les Anglais tentèrent, à plusieurs reprises, de les franchir; et il y eut souvent de vives escarmouches. Canadiens et Sauvages les passèrent pour aller surprendre les postes avancés de l'ennemi. Mais le 31 juillet, deux transports et le Centurion , vaisseau de guerre, débarquaient au Saut environ 2.000 hommes : 60 bouches à feu foudroyaient les retranchements et les redoutes. M. de Lévis les fit border, rallia ses troupes et les fit marcher au-devant des Anglais qui débarquaient des transports : il dirigea un feu plongeant sur tous ceux qui voulaient escalader les hauteurs. La nuit tomba sur le champ de carnage et le général désespéré ordonna la retraite, laissant sur les rives de quatre à cinq cents tués ou blessés. La perte des Français s'élevait à une centaine. L'amiral Saunders fit incendier les deux transports échoués. M. de Lévis fut le héros de la victoire de Montmorency.

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par Nomad, 30 Mai 2009


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NOS HÉROS: Edmond de Nevers


BOISVERT, EDMOND, dit Edmond de Nevers (baptisé Abraham-Edmond), avocat, écrivain, journaliste, traducteur et fonctionnaire, né le 12 février 1862 à Baie-du-Febvre, Bas-Canada, fils d’Abraham Boisvert, cultivateur, et de Marie Biron ; décédé célibataire le 15 avril 1906 à Central Falls, Rhode Island.

Fils aîné d’une famille qui devait compter 16 enfants, Edmond Boisvert se fit remarquer dès l’école primaire par son goût de l’étude et des livres. Il entra au séminaire de Nicolet en 1873. Déjà, en première année, on le surnommait le poète Boisvert, parce qu’il avait l’habitude de taquiner ses confrères en écrivant de courts poèmes sur eux. En troisième année, il reçut des leçons d’allemand de l’abbé Thomas-Marie-Olivier Maurault, qui fut encore son professeur en belles-lettres. Comme il avait décidé de passer les examens du baccalauréat de lettres et d’étudier en même temps et par lui-même les matières des deux classes de philosophie, l’année de sa rhétorique fut sa dernière au collège. Il se présenta ensuite devant un jury pour obtenir le brevet qui lui permettrait d’être admis à l’étude du droit.

En janvier 1880, Boisvert entra au cabinet de Jean-Baptiste-Ludger Hould, avocat de Trois-Rivières, pour y faire son stage de clerc. Il y passa trois années, au cours desquelles il apprit aussi l’anglais avec un jeune Irlandais, joua du piano et du violon, et s’amusa à caricaturer les plaideurs au palais de justice. Il fut reçu avocat en 1883, mais il ne semble pas avoir exercé. Dès son arrivée à Trois-Rivières, il avait en effet décidé de partir pour l’Europe aussitôt ses études terminées. Afin d’amasser l’argent nécessaire, il aurait pris un emploi d’inspecteur des asiles d’aliénés dans la province.

Boisvert s’embarqua à New York le 14 avril 1888 à destination de l’Allemagne, où il arriva à, Brême. Il se rendit aussitôt à Berlin où il se livra à l’étude de l’histoire, de la littérature et de l’économie politique. À sa chambre du 172a Schönhauser Allee, il s’exerçait encore au violon jusqu’à quatre heures par jour et prenait des leçons particulières. Un mois après son arrivée, il envoyait sa première « Lettre de Berlin » à la Presse de Montréal, qui allait en publier une série du 5 juillet 1888 au 15 mars 1891. Boisvert vécut à Berlin jusqu’en avril 1889, puis à Vienne jusqu’à l’automne de 1890, visita Venise et la Hongrie, et séjourna enfin à Rome jusqu’en mars 1891. Il se retrouva à Paris en avril. Edmond de Nevers – c’est ainsi qu’il signait lettres et articles depuis son arrivée à Berlin – entra dès le mois suivant au service de l’agence Havas en qualité de traducteur-rédacteur, poste qui exige de posséder plusieurs langues ainsi que de solides connaissances. Outre le français et l’anglais, Nevers parlait l’allemand et avait appris l’italien, l’espagnol, le portugais, le russe et le norvégien. Il publia d’ailleurs en 1893 la traduction de deux pièces du Norvégien Henrik Ibsen. Tout en travaillant ainsi, il n’oubliait pas son pays. Cette même année, il se mit à préparer une étude sur l’Avenir du peuple canadien français, qui parut trois ans après. Il s’était d’ailleurs rendu à Londres en 1895 afin de compléter sa documentation. Il rentra alors en Amérique : aux États-Unis, où sa famille s’était établie, et au Québec, où il comptait de nombreux parents et amis. De retour à Paris l’année suivante, il commença des recherches sur les États-Unis, qui parurent en 1900 sous le titre de l’Âme américaine.

Ces 12 années passées en Europe avaient été ainsi consacrées à l’étude, au travail de recherche et à la rédaction de trois ouvrages. Nevers avait fréquenté les meilleurs savants des sciences sociales et humaines de l’époque, tout en suivant de près la vie politique, économique et culturelle des pays européens. Il ne négligeait pas pour autant la compagnie de ses compatriotes, de passage ou en séjour prolongé, tels ses frères Ulric, Édouard et Lorenzo, des hommes politiques comme Adélard Turgeon, Rodolphe Lemieux* ou Honoré Beaugrand et, bien entendu, des étudiants nombreux, essentiellement des médecins et des artistes. À partir de 1897, la maladie le força à espacer ses sorties et à recevoir des amis à sa chambre du quai Montebello. L’abbé Camille Roy*, aux études à Paris, fut fortement influencé par les idées de Nevers sur les problèmes d’éducation.

Malade depuis longtemps, Nevers s’embarqua le 14 juillet 1900 au Havre pour rentrer en Amérique. Il avait appris la veille qu’il souffrait d’ataxie locomotrice. Il s’installa à Québec, rue Charlevoix, pour occuper un poste de publiciste au département de la Colonisation et des Mines. Tout en préparant un programme de colonisation pour ses patrons, il faisait des conférences à Québec, à Montréal et en Nouvelle-Angleterre, et publiait de nombreux articles. Dès son arrivée à Québec, il avait entrepris la traduction de Civilization in the United States [...] de Matthew Arnold, qui paraîtrait en 1902. Ses amis lui avaient offert un dîner intime le 30 mars 1901 à l’hôtel Viger, à Montréal, pour lui rendre hommage. À ce dîner présidé par Gonzalve Desaulniers*, se trouvaient entre autres les avocats Lomer Gouin* et Rodolphe Lemieux, le journaliste Olivar Asselin* ainsi que les consuls de France, de Suisse et de Russie. Sentant ses forces décliner, Nevers dut quitter Québec à la fin de 1902 ou au début de 1903 et aller vivre entre ses parents le reste de son âge. Il s’éteignit à Central Falls le 15 avril 1906 à 44 ans.

Musicien, peintre et poète, Nevers aurait pu devenir l’un des grands artistes canadiens-français de la fin du siècle, tels qu’Émile Nelligan* ou Charles Gill*. Mais il a été hanté dès son temps de collège par le destin du peuple canadien-français en cette terre d’Amérique. Dès lors, il n’a plus eu de cesse qu’il n’étudiât l’histoire, la littérature et les sciences sociales pour mieux comprendre la société canadienne-française et les États-Unis d’Amérique, et mieux préparer ainsi l’avenir de son peuple, non seulement au Québec mais aussi dans le cadre d’une intégration aux États-Unis. Dans l’Avenir [...], il a proposé un programme complet d’action politique et de réforme du système d’éducation. L’Âme américaine a montré sa capacité d’analyse et de synthèse, son intelligence critique et son sens de l’observation. Nevers a exercé une profonde influence sur les nationalistes de son temps et sur bien d’autres après. Il avait encore quelques ouvrages sur le métier, tels qu’un livre sur les questions économiques canadiennes et un roman de murs politiques.

S’il a surtout écrit sur le Canada, le Québec et les États-Unis, Edmond de Nevers n’en était pas moins bien informé des grands problèmes qui se posaient à l’Occident de la fin du xixe siècle. Comme le montrent sa correspondance et ses articles parus dans la Presse, la politique internationale, les affaires coloniales, les problèmes sociaux et l’antisémitisme faisaient partie de ses préoccupations. Le sociologue Léon Gérin*, qui voulait le faire entrer à la Société royale du Canada en 1901, considérait Edmond de Nevers comme le plus grand des intellectuels canadiens-français de son temps.

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par Nomad, 30 Mai 2009


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NOS HÉROS: Lionel Groulx


Lionel-Adolphe Groulx (Chenaux, 13 janvier 1878 - Vaudreuil, 23 mai 1967) aussi connu sous ses titres d'abbé Groulx ou de chanoine Groulx, était un prêtre catholique, un historien, un écrivain et un nationaliste québécois.

Après sa formation au séminaire, il enseigna au Collège de Salaberry-de-Valleyfield, puis à l’Université de Montréal, où il édita une revue mensuelle appelée l’Action française. À la Ligue d'Action française, Groulx rejoignait un groupe de nationalistes qui avait milité d'abord dans la Ligue des Droits du français en faveur du bilinguisme au Québec — ce qui signifiait la restauration du français, langue de la majorité, dans l'espace public. Ils travaillaient non seulement à rétablir le sens de la fierté comme antidote au mépris colonial, à la subordination et à l'assimilation, mais à l'essor d'un nationalisme économique. Plusieurs d'entre eux enseignaient ainsi aux HEC Montréal, tel Esdras Minville. Le Père Archambault quant à lui développait la doctrine sociale de l'Église à L'École sociale populaire, dont les directives influencèrent l'Action libérale nationale dans les années 1930, parti réformiste et patriote qui fut absorbé par l'Union nationale.

Groulx a tracé un programme de développement national du Québec sur les plans économique, social, culturel et intellectuel. Selon lui, cela passait d'abord par l'éducation nationale et la réforme à Québec : l'instauration d'un véritable « État français », selon son expression, impliquait de ne plus négliger cet instrument de taille qu'était l'État provincial, à la disposition des Canadiens français pour se tirer du sous-développement. Son discours n'était jamais totalement fermé à l'optique de la réforme de la Confédération. Mais il faut dire qu'il tendait alors le plus souvent à entendre « Confédération » au sens strict, union d'états souverains, plutôt que fédéraliste. Il tenait à souligner l'accession du Canada à l'indépendance après le statut de Westminster. De plus, son sentiment nationaliste était modéré par le christianisme catholique et il vint à comprendre les bienfaits de l'universalisme chrétien.

Groulx développa aussi un programme d’études d’histoire du Québec dans lequel il réfutait la théorie de la Conquête providentielle ou bénévole par la Grande-Bretagne, courante à l’époque, et enseigna plutôt que la Conquête fut un désastre pour les Canadiens français. À la différence de la future École de Montréal, il croyait cependant ce malheur réversible, et croyait particulièrement que diverses étapes de l'histoire du Québec depuis lors pouvaient apparaître comme des étapes de reconquête de la liberté, quoique encore bien incomplète.

Il mit l'accent sur l'acquisition de droits et de reconnaissance nationale par les Canadiens français : l'Acte de 1774, le gouvernement responsable avec Baldwin et Lafontaine en 1849 (Lord Elgin) et enfin la restauration de l'autonomie provinciale en 1867. Il critiqua également la Confédération canadienne de 1867, insistant sur la faillite de ses promesses de reconnaissance des droits des provinces et de minorités, tel que démontré par la longue succession d'interdictions des écoles françaises hors-Québec et l'hostilité manifestée envers le fait français à travers le Canada.

Lionel Groulx épousa la théorie selon laquelle le seul espoir de survie pour le Québec était d’encourager un Québec français et catholique comme rempart contre la puissance anglo-protestante. Pour lui, la réforme et le redressement de la condition canadienne-française passaient donc par des mesures du gouvernement de Québec. Il s’est réjoui au moment de l’adoption du fleurdelysé en 1948.

Les écrits majeurs de Lionel Groulx sont notamment La Confédération canadienne (1917), Notre maître le passé (1936), Notre grande aventure. L'Empire français en Amérique du Nord (1534-1760) (1958), Histoire du Canada français depuis la découverte (1951) et Le Canada français missionnaire (1962). Il est connu pour avoir dit « Notre État français, nous l'aurons ». Il est redevenu davantage fédéraliste vers la fin de sa vie, sans jamais se désintéresser de l'indépendantisme.

Groulx fonda l’Institut d’histoire d’Amérique française (IHAF) en 1946, un institut situé à Montréal dévoué à l’étude historique de la présence française en Amérique du Nord, à l'histoire du Québec, et qui rassemble la majeure partie des historiens québécois.

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par Nomad, 30 Mai 2009


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NOS HÉROS: Louis de Buade de Frontenac


Biographie

Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, est une des figures les plus importantes de l'histoire de la Nouvelle-France. Il est aujourd'hui très connu au Québec pour avoir défendu la colonie contre les attaques anglaises et iroquoises.

L'origine de sa famille se situe très certainement dans le Sud-Ouest de la France.

Le grand-père et le père de Louis sont gouverneurs du château de Saint-Germain-en-Laye. C'est pourquoi Louis est né dans le château vieux (l'actuel château) le 22 mai 1622. Il est baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623. Louis XIII, roi de France, devient son prestigieux parrain.

À l'âge de dix-sept ans, Louis de Frontenac entre dans l'armée française. Il participe à plusieurs campagnes de la guerre de Trente Ans. Au siège d'Orbitello en 1646, il est blessé au bras droit, blessure dont il ne guérira jamais. En octobre 1648, Frontenac épouse Anne de la Grange-Trianon, célèbre pour sa beauté physique, si bien que son portrait se trouve à Versailles. Elle est l'héritière d'une immense fortune. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprend que les noces ont quand même eu lieu, il déshérite sa fille. En mai 1651, Anne donne naissance à François-Louis, le seul enfant de Frontenac. L'une des sœurs de Louis, Henriette-Marie, est l'épouse de Henri Louis Habert de Montmor Le premier gouvernement de Frontenac

Le 7 avril 1672, Louis de Frontenac obtient du roi la charge de gouverneur général de la Nouvelle-France. Le 28 juin 1672, il embarque (sans sa femme) à La Rochelle à destination de sa nouvelle mission américaine. À cette époque, la Nouvelle-France est gérée comme une province métropolitaine, même si l'éloignement nécessite des aménagements importants. Frontenac, en sa qualité de gouverneur, a alors pouvoir absolu sur les affaires militaires, il possède même le droit de véto à l'égard des décisions des autres dirigeants. Le départ de l'intendant Jean Talon en novembre 1672 donne au gouverneur encore davantage de pouvoirs.

L'entreprise la plus glorieuse a lieu au début du gouvernement de Frontenac : il s'agit de la découverte du Mississippi par Louis Jolliet (originaire de Montréal) et le père Jacques Marquette (originaire de Laon en France). Puis est construit un immense fort sur le Lac Ontario, auquel on donne le nom de Fort Frontenac (aujourd'hui Kingston dans l'Ontario). Le gouverneur nomme La Vallière commandant de l'Acadie, il entretient des relations avec les Bostonnais, il assure l'alliance avec les Abénaquis et il maintient la paix avec les Iroquois. Mais un complot mené contre Frontenac par un sous-ministre français désireux de prendre le contrôle de la traite des fourrures, entre 1672 et 1682, entraînent en 1682 son rappel vers la France. Le deuxième gouvernement

Statue de Frontenac dans la cour du Château Frontenac, à QuébecAprès un interrègne de sept ans, le comte revient en Nouvelle-France en 1689, et doit faire face à des Anglais de plus en plus belliqueux alliés à la Confédération Iroquoise. Il fait réoccuper le Fort Frontenac (qui avait entre temps été pris par les Anglais) et fait entreprendre des travaux de fortifications à Québec et à Montréal.

En 1690, les Anglais organisent un plan de campagne par terre et par mer contre la Nouvelle-France. L'amiral William Phips s'empare du Fort Pentagouet et de Port-Royal (Acadie), alors que l'expédition partie de New York contre Montréal échoue sur les bords du Lac Champlain. Toutefois, la flotte énorme de Phips remonte le Saint-Laurent et vient assiéger Québec le 16 octobre 1690. Louis de Frontenac organise la défense et la résistance. L'amiral anglais envoie au gouverneur un parlementaire portant une sommation rédigée par avance. Frontenac organise une ruse pour faire croire au délégué qu'il y a beaucoup plus de soldats à Québec qu'il n'avait en réalité. Le délégué présente à Frontenac un ultimatum « au nom de leurs majestés Guillaume III et Marie, roi et reine d'Angleterre » où il invite les Français à se rendre sans combats et termine en disant : « Votre réponse positive dans une heure, rendue par votre trompette avec le retour du mien, est ce que je vous demande sur le péril qui pourra s'en suivre ». Là, le parlementaire anglais tire une montre de sa poche et fait voir l'heure au gouverneur.

Frontenac recevant l'émissaire de William Phips selon Charles William JefferysFrontenac répond sans délai : « Je ne connais pas le roi Guillaume, usurpateur qui a violé les droits les plus sacrés du sang en voulant détrôner Jacques II, son beau-père ; quant à votre général, qu'il sache que :twisted: je n'ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusils :!: ; qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on traite un homme tel que moi et, quand bien même je voudrais me rendre, tous ces braves officiers que vous voyez n'y consentiraient jamais ».

Le lendemain, des renforts dirigé par M. de Callières arrivent de Montréal. Mais le 18 octobre, les Anglais de Phips débarquent à Beauport, pendant que quatre de leurs navires bombardent Québec. L'attaque dure trois jours, elle est un échec et Phips quitte définitivement la Nouvelle-France.

Suite à leur lourde défaite, les Anglais n'organisent plus eux-mêmes d'autres attaques contre la colonie française, ils préfèrent armer les Iroquois pour attaquer les Canadiens à leur place. En 1691, un fort groupe de guerriers Iroquois, armés par les Anglais, vient camper à l'embouchure de la rivière des Outaouais,à Lachine, près de Montréal, et sème la désolation dans toute la région (on donne donc comme nom à cette tuerie le massacre de Lachine). En 1693 à nouveau, les Anglo-Iroquois reviennent devant Montréal. À chaque fois, ces tentatives, bien que meurtrières, sont des échecs.

Dans le même temps, Frontenac continue à encourager l'établissement de nouveaux postes de traite à l'Ouest. Ainsi, des forts sont bâtis dans la région du Mississippi et dans les Prairies, permettant ainsi aux coureurs des bois d'échanger avec les Sioux et les Amérindiens des plaines. En 1697, la paix est signée entre la France et l'Angleterre (traité de Ryswick). Le gouverneurs continue alors ses projets de consolidation et d'expansion de la Nouvelle-France. Mais à l'automne 1698, Frontenac tombe gravement malade, et sa santé se dégrade rapidement. À la mi-novembre, sentant sa fin proche, il fait la paix avec l'intendant et l'évêque, et meurt le 28 novembre 1698. Il est inhumé en l'église des Récollets de Québec.

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par Nomad, 30 Mai 2009


Source

NOS HÉROS: Pierre Le Moyne d'Iberville


Baptisé le 20 juillet 1661 à Ville-Marie (Montréal), Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, fils de Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, est probablement le plus connu des fils de la Nouvelle-France et le premier grand aventurier français né en terre d'Amérique. Voici les événements importants de la carrière de cette figure désormais légendaire.

1686: Depuis son plus jeune âge, Pierre se préparait à une carrière de marin. Il a souvent navigué sur le bateau de son père et est maintenant un marin accompli. C'est sa carrière militaire qui débute en 1686. D'Iberville et deux de ses frères, Jacques et Paul, prennent part à l'expédition militaire qui vise à chasser les Anglais de la région de la baie d'Hudson. Les frères Le Moyne étaient accompagnés de 70 voyageurs canadiens et de 30 soldats de l'armée régulière. Après 85 jours de navigation difficile et périlleuse où la mutinerie fut évitée de justesse, l'expédition arrive devant le Fort Moose (aujourd'hui appelé Moose Factory) sur l'île Hayes. Les Français passent rapidement à l'assaut. Pendant le combat, d'Iberville pénètre le premier dans le fort, son épée dans une main et son pistolet dans l'autre. Soudain, les portes se referment derrière lui et il se retrouve seul face à 17 Anglais. Mais ceux-ci eurent tôt fait de se rendre face à d'Iberville qui se battait comme un lion. Sa réputation de héros sans peur était dès lors établie. Cette bataille ne fut que la première d'une série d'éclatantes victoires. En quelques semaines, tout le sud de la baie d'Hudson était français. D'Iberville fut nommé commandant du Fort Moose.

1688: Alors que d'Iberville tentait de quitter le fort avec une nouvelle cargaison de fourrures, il se retrouva en face de deux navires anglais armés qui l'empêchèrent de quitter la rivière Albany. Les trois navires se retrouvèrent bientôt coincés dans les glaces. Ce sont alors les Anglais qui se retouvèrent prisonniers sur leurs navires et une épidémie de scorbut se déclara parmi les soldats. D'Iberville accorda alors sa permission au chirurgien anglais d'aller capturer du gibier pour nourrir les équipages affamés. Mais à la surprise des Anglais, les Français se saisirent du chirurgien et le firent prisonnier. 25 Anglais moururent de froid et du scorbut avant que les autres se décident à capituler. C'est ainsi que 16 Canadiens vinrent à bout de 85 adversaires. D'Iberville rentra à Québec en héros avec ses prisonniers anglais, leurs navires capturés et une quantité importante de fourrures.

1689: Les Iroquois, encouragés et fournis en armes par les colons de la Nouvelle-Angleterre, renouvelèrent leurs attaques sur la Nouvelle-France. En août 1689, ils attaquèrent et dévastèrent le village de Lachine ainsi que les campagnes environnantes. D'autres incidents du genre se répétèrent et le gouverneur Frontenac, soucieux de mettre un terme à ces attaques et de restaurer l'honneur de la France en Amérique, élabora une contre-attaque contre les colonies anglaises.

Février 1689: Trois détachements de Canadiens et de guerriers amérindiens furent mis sur pied avec comme objectifs les établissements anglais du nord de la Nouvelle-Angleterre. L'un de ces détachements fut placé sous le commandement de Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène (le frère de Pierre) et de Nicolas d'Ailleboust. D'Iberville était également du voyage ainsi que 114 Canadiens et 96 Amérindiens. Ils arrivèrent en pleine nuit à Corlaer (aujourd'hui Schenectady dans l'état de New York) sans être détectés et passèrent aussitôt à l'attaque. Ils envahirent le village en poussant des cris de guerre, tout comme les Iroquois l'avaient fait à Lachine l'année précédente. La presque totalité de l'établissement fut pillé et brûlé, 60 habitants perdirent la vie et 25 autres furent faits prisonniers. Avant la fin du jour, les Canadiens et leurs alliés victorieux reprirent le chemin de Montréal, apportant avec eux 50 chevaux chargés de butin.

L'attaque

1690: D'Iberville est nommé à la tête d'un contingent de 80 hommes répartis sur trois navires de guerre. Il assiégea le Fort New Severn, un autre établissement anglais de la baie d'Hudson. Voyant les Français arrivés, le commandant du fort et ses hommes firent sauter les édifices et prirent la poudre d'escampette sans offrir la moindre résistance.

1692: Frontenac ordonna à d'Iberville de patrouiller les côtes des colonies anglaises dans le but d'interrompre les communications entre l'Angleterre et ses colonies. Il réussit à capturer trois navires.

1694: D'Iberville attaque le Fort York de la baie d'Hudson. Il somma d'abord les Anglais de se rendre et le lendemain, le gouverneur anglais de la région, Thomas Walsh, capitula sans résister. Bien que le fort était rempli de soldats, de canons et de nourriture, les Anglais avaient oublié de faire une réserve de bois de chauffage. L'établissement, le plus important de la région, fut renommé Fort Bourbon. La popularité de Pierre Le Moyne d'Iberville atteint des sommets inégalés au Canada et en France. Rien ne semble être capable de l'arrêter!

1696: D'Iberville quitte la France à la tête d'une petite flotte de frégates et se lance à la rescousse de Joseph Robinau de Villebon, le gouverneur de l'Acadie qui était aux prises avec des navires anglais. D'Iberville captura l'une des frégates anglaises et mit les deux autres en déroute. Il passa ensuite à l'attaque du Fort William-Henry situé sur la fontière que se disputaient l'Acadie et la Nouvelle-Angleterre. Le commandant du fort, Pascoe Chubb, capitula avant même que les Français aient le temps de passer à l'attaque. Le fort fut détruit et on renvoya les 92 soldats à Boston. D'Iberville prit ensuite la route de Plaisance, la capitale française de Terre-Neuve. D'Iberville, le gouverneur Brouillan et leur armée de volontaires canadiens marchèrent sur la capitale anglaise de St.John's qui se rendit après un bref siège. Les Français mirent le feu à la ville et continuèrent leur marche. 36 établissement anglais furent pillés et détruits et les Français firent 700 prisonniers. Il s'agit là de la campagne la plus destructrice de la carrière de Le Moyne d'Iberville.

1697: Malheureusement, avant d'avoir le temps de compléter sa conquête de Terre-Neuve, d'Iberville et son détachement furent dépêchés de nouveau à la baie d'Hudson. Pendant le voyage, son navire se retrouva séparé du reste de la flotte et il se retrouva beintôt seul face à trois attaquants anglais. Au lieu de fuir, d'Iberville se défendit et ses brillantes manoeuvres lui permirent de couler deux des navires et de mettre le troisième en déroute. Puis, après 5 jours d'escarmouches, le gouverneur anglais Henry Baley capitula. La baie d'Hudson était maintenant française et d'Iberville venait de terminer sa plus brillante campagne.

1698: Très impressionées par les exploits du courageux Canadien, les autorités nommèrent d'Iberville en charge d'une expédition qui avait pour but de rejoindre l'embouchure du Mississippi et d'y établir un fort qui en bloquerait le passage aux autres nations et qui servirait de base à une nouvelle colonie française. En 1682, Cavelier de La Salle avait navigué le Mississippi vers le sud à partir de la Nouvelle-France, mais d'Iberville devait passer par le golfe du Mexique. Lui et son frère Jean-Baptiste quittèrent Brest en octobre et arrivèrent à Saint-Domingue le 4 décembre. Puis, il mirent les voiles vers la Floride et suivirent la côte nord du golfe jusqu'au Mississippi.

1699: Un fort fut construit dans la baie de Biloxi et fut baptisé Maurepas (aujourd'hui Ocean Springs dans l'état du Mississippi). De retour en France, d'Iberville fut récompensé de son courage par la croix de Saint-Louis, devenant ainsi le premier Canadien à recevoir ce prestigieux hommage. Il recommanda la colonisation immédiate de la Louisiane.

1700: D'Iberville est de retour en Louisiane et fait construire de nouvelles fortifications plus au nord qu'il baptisa Fort Mississippi. Il établit des alliances avec les nations amérindiennes des environs qui pourraient ainsi s'entre-protéger en cas d'attaque des colons anglais des Carolines. Puis, il repartit pour la France.

D'Iberville à Biloxi

1701: D'Iberville quitte La Rochelle avec trois vaisseaux et la mission d'établir un nouveau fort français à Mobile qu'on nommera Fort Saint-Louis. Mais d'Iberville en bon Canadien de l'époque savait bien qu'aucun fort ne pouvait remplacer de solides alliances avec les peuples amérindiens. Les amitiés furent donc activement soutenues et plusieurs missionnaires et coureurs des bois français furent envoyés pour vivre parmi leurs nouveaux alliés.

1702: Sa santé rendue de plus en plus fragile par des attaques répétées de malaria, d'Iberville ne perdit quand même pas son vif intérêt pour la Louisiane. Il rédigea ses mémoires dans lesquelles il fit un vibrant plaidoyer en faveur de l'établissement d'une nouvelle colonie en Louisiane qui empêcherait l'expansion des Anglais à l'ouest des Appalaches.

1706: D'Iberville quitta la France à la tête d'une importante flotte de 12 vaisseaux. Son objectif militaire était cette fois-ci les établissements anglais des Antilles. Il atteint la Martinique en mars et attaqua ensuite St.Christopher qu'il ravagea sans merci. Puis il se rendit en Guadeloupe et assiégea Nevis et Charlestown. Toute l'île capitula en deux jours. La population toute entière fut faite prisonnière, 24 vaisseaux anglais furent capturés dans le port et tous les biens furent saisis. Pat la suite, d'Iberville se rendit pour des raisons personnelles sur l'île de Cuba, à La Havane, où il mourut subitement et dans des circonstances plutôt mystérieuses. Il fut enterré.

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