![]() ![]() ![]() | La Croix Noir |
Voici quelque chose que j’ai appris, soit au Village Québécois d’Antan ou au Village Acadien, que je vais partager avec vous.
Il y avait une tradition chez les Canadiens-français au sujet des croix dans les pièces de maison. Avant la création de corps policiers, dans plusieurs villages, le prêtre local s’assurait du respect de certains règlements qui prenaient souvent la forme d’une tradition.
L'une d’entre elles concernait la consommation d’alcool. La croix noire accrochée dans la pièce principale de la maison (centrée dans le haut du mur principal) de l’habitant signifiait qu’il ne devait pas y avoir de consommation d’alcool dans la maison. Si quelqu’un voulait consommer de l’alcool pour une occasion spécial, comme le jour de l’an par exemple, il devait aller voir le prêtre et demander la permission pour fêter entre telle heure et telle heure.
Le prêtre, ayant donné son accord pour cette occasion spéciale, donnait alors à l'habitant une croix blanche et prenait la croix noire. La croix blanche était par la suite accrochée au mur et signifiait que le temps était à la fête. Le prêtre se présentait par la suite à l’heure choisie pour échanger la croix et mettre fin à la fête.
À l’époque il existait aussi plusieurs remèdes à base d’alcool, alors pour esquiver le contrôle du clergé, les gens avaient de temps en temps un petit rhume ou un petit malaise pour avoir accès à un peu de boisson.
![]() ![]() ![]() | La Chanson |
Toute littérature écrite est l'oeuvre d'une élite intellectuelle qui possède un certain degré d'aisance. C'est pourquoi, au Canada, la littérature ne s'est manifestée qu'après que la conjoncture historique lui ait été favorable. Mais la littérature orale, elle, est un ensemble d'oeuvres transmises et recréées par le peuple, comportant des éléments stables et anciens mêlés aux variantes locales et récentes, et, dans certains cas, des créations actuelles sur des mélodies connues. Il ne peut donc pas être question de rupture, d'interruption comme pour la littérature écrite. Les ancêtres ont perpétué la culture traditionnelle qui fait partie de leur patrimoine intellectuel, que ce soit en Europe ou en Amérique. En outre, les aïeux de ces mêmes ancêtres étaient présents dans l'ancienne France au moment de la composition des chansons de tradition orale. Qui peut dire s'ils n'y ont pas participé et même s'il n'y a pas des descendants des auteurs parmi la population? N'y a-t-il pas eu des compositions au Canada dans la plus pure tradition médiévale comme « Bal chez Boulé », « Les Raftsmen », « Vive la Canadienne », etc.? C'est là un héritage culturel que les Canadiens français possèdent en commun avec tous les pays de langue française.
Cependant, toute chanson traditionnelle n'est pas nécessairement exclusive à une ethnie : un certain nombre se retrouvent dans des versions parallèles, non seulement en français mais aussi en anglais, en allemand, en espagnol, etc. Elles ont eu une diffusion plus vaste que ne l'ont cru les premiers folkloristes au XIXe siècle. Pour eux, elles avaient une origine locale et même nationale. On peut expliquer que des enquêteurs qui oeuvrent dans des régions données aient eu tendance à valoriser leur patelin en publiant des recueils de province, ce qui a contribué à propager l'idée régionaliste. Au XXe siècle, nous savons qu'il existe un répertoire commun à tous les pays francophones. L'erreur régionaliste a été si bien dénoncée qu'il n'est plus permis de diviser géographiquement cette matière poético-lyrique. Il faut maintenant l'ordonner d'après des principes plus logiques. Par conséquent, une meilleure idée de la chanson folklorique française au Canada se dégagera de l'examen, dans une perspective historique, des témoignages anciens et des résultats d'enquêtes et d'études récentes effectuées dans le cadre des centres de recherche.
Les premiers Français qui foulèrent le sol de l'Amérique, de même qu'ils continuèrent de parler leur langue, ne se privèrent pas de chanter des chansons folkloriques et littéraires comme on le faisait en France. Depuis, ils n'ont jamais cessé de participer au répertoire francophone en le conservant et en l'enrichissant. Cela allait si bien de soi que personne ne le signalait. Les premiers échos que nous en avons nous viennent de visiteurs étrangers qui entendirent les « voyageurs canadiens ». On appelait ainsi les canotiers, les coureurs de bois et les voyageurs des « pays d'en haut » engagés pour la traite des fourrures. Ils chantaient pour rythmer la cadence des avirons et aussi pour se donner du courage. Les chants de ces voyageurs canadiens faisaient l'admiration des touristes qui venaient au Canada aux XVIIIe et XIXe siècles. Le poète irlandais Thomas Moore, naviguant de Kingston à Montréal en août 1804 s'émerveilla devant le spectacle de ces hommes ramant d'accord et chantant en choeur dans le décor grandiose du fleuve Saint-Laurent, si bien qu'il mémorisa quelques-unes de leurs chansons pour les apprendre à sa soeur (...)
(...)Ces rudes travailleurs adaptaient au rythme de l'aviron des chansons de danse médiévales qui racontaient surtout des mésaventures féminines. Ces mêmes voyageurs, engagés à la traite des fourrures, et plus tard les forestiers (bûcherons, draveurs) ont chanté les misères de leurs métiers(...)
Voici quelques titres de chansons que l'on connait encore et leurs origines;
« À la claire fontaine » Chantée sur plusieurs airs et avec des refrains différents, cette chanson apparaît sous deux titres principaux : « À la claire fontaine » et « En revenant des noces ». On raconte que, déjà en 1608, les hommes de Champlain la chantaient. paroles; http://www.eric-vincent.com/chansons/fontaine.htm
« Alouette! », « Alouette! ». La plus populaire des chansons folkloriques du Canada, elle est devenue pour le monde entier un véritable symbole du Canada français, une sorte de chant national non officiel qui identifie son origine dès les premières mesures de son entraînant refrain à deux temps. La première version imprimée connue venant de France remonte à 1893. paroles; http://www.songsforteaching.com/canada/ ... ouette.htm
« C'est l'aviron » À l'intérieur de ce chant qui vient de la France, certaines phrases remontent au XVe siècle. paroles; http://www.sailorsongs.com/cest_laviron.htm
« D'où viens-tu bergère? » D'où viens-tu bergère? ». Noël en forme de dialogue entre une bergère qui décrit la scène de la Nativité (couplets) et une foule qui la presse de questions (refrains). Connu dans plusieurs pays européens, il fut introduit au Canada au XVIIe siècle et il a toujours conservé sa popularité depuis. paroles; http://www.songsforteaching.com/charlot ... ergere.htm
« Malbrough s'en va-t-en guerre » Les nombreuses victoires du général John Churchill (1650-1722), duc de Marlborough familièrement appelé Malbrough et célèbre personnage de l'histoire de l'Angleterre, inspirèrent cette chanson que Napoléon aimait fredonner. « Malbrough » est attribuée tantôt à Mme de Sévigné, tantôt à des soldats. F.-A.-H. LaRue note dans Le Foyer canadien, vol. I (Québec 1863), qu'elle aurait pu être inspirée par la « Chanson du duc de Guise » avec laquelle elle offre une ressemblance frappante. Elle est devenue au Canada français l'une des chansons folkloriques les plus répandues. Elle raconte que Malbrough est parti en guerre et que sa femme, attendant son retour, voit venir un page. Celui-ci vient lui annoncer la mort de son mari.
Chez les Canadiens anglais, la mélodie a été popularisée sous le titre « For He's a Jolly Good Fellow ». paroles; http://www.lyricsondemand.com/c/chanson ... yrics.html
« Un Canadien errant » « Un Canadien errant ». Chanson folklorique dont les paroles furent écrites en 1842 par Antoine Gérin-Lajoie. Sur les patriote et adapté aux Acadiens. paroles; http://www.songsforteaching.com/canada/ ... errant.htm
« Vive la Canadienne » Avant que les Canadiens n'aient adopté « Ô Canada » comme hymne national (v. 1910), « Vive la Canadienne » remplissait fréquemment cette fonction au Québec. Cette vieille mélodie française est issue de « Par derrièr' chez mon père ». Marius Barbeau croit plutôt qu'elle dérive de « Vole mon coeur vole » qui diffère un peu de la précédente. paroles; http://www.lyricstime.com/divers-vive-l ... yrics.html
« V'là l'bon vent! » Bien connu de ceux qui maniaient l'aviron, ce thème, semble-t-il, parvint au Canada au cours du XVIIe siècle.
paroles; http://www.6lyrics.com/music/nana_mousk ... _vent.aspx
Encore une part de notre tradition qui se perd… c’est à nous de la sauvegarder. Car notre culture existe bel et bien au Québec… alors faisons en sorte qu'elle continue d'exister et non seulement dans des archives…
Voici une autre chanson pas traditionnelle mais qui est devenue un hymne au Bas-Saint-Laurent; Le vieux dans le bas du fleuve
paroles;
Y'avait un vieux dans l'bas du fleuve
Avec une terre de 30 arpents
Un poele à bois
Une charrue neuve
36 cochons et onze enfants
Il s'est l'vé un bon matin
Cicatrice sur son terrain
Les yeux pleins d'eau, y'a dit "calvaire"
On est en train d'voler ma terre
Woohhhhh wohoo hoh
Quand t'es ben tranquille chez-vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'meler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur de te l'di-i-ire
Woohhhhh wohoo hoh
Y'avait un vieux dans l'bas du fleuve
Avec un coeur de 30 arpents
On l'a tué à coup d'tracteur
Le sang à coulé par en d'dans
Sa femme est là pis qui dort plus
Un coup parti les p'tits non plus
Le doux assel, c'est passé d'mode
On peut pas éviter l'exode
non hononnnnnnno
Quand t'es ben tranquille chez-vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'meler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur de te l'di-i-ire
Woohhhhh wohoo hoh
Y'avait un vieux dans l'bas du fleuve
Avec des reves de 30 arpents
Sort sa charrue pendant la nuit
À grands coups d'poings laboure son lit
Y'avait un vieux dans l'bas du fleuve
Qui était caché dans l'fond d'un bas
Dans l'fond du bas du St-Laurent
Quand c'est qui en a qui passent par là?
Woohhhhh wohoo hoh
Quand t'es ben tranquille chez-vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'meler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur de te l'di-i-ire
Quand t'es ben tranquille chez-vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'meler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur de te l'di-i-ire
![]() ![]() ![]() | Traditions et coutumes canadienne-française |
Voici quelques traditions passées et présentes. C’est important de les préserver et peut-être même en faire revivre quelques unes dans nos familles. Rien de mieux pour développer le sentiment identitaire chez nos enfants!
Le 25 novembre on en profite au Québec pour taquiner les vieilles filles. Les vieilles filles sont toutes des femmes qui ont 25 ans ou plus et ne sont pas encore mariées. Ce jour là, la patronne des vieilles filles, Sainte-Catherine, et les vieilles filles sont coiffées d'un bonnet blanc pour qu'on les reconnaisse tout de suite. Pour les enfants il y a des bonbons qu'on appelle « la tire Sainte-Catherine ». Cette tradition est originaire de Normandie.
En l'an 1564 le roi de France, Charles IX a décidé que la nouvelle année ne commencerait plus le 1 er avril, mais le 1 er janvier. Il y avait des gens qui étaient mécontents de ce changement. Pour se moquer d'eux on leur offrait des cadeaux inutiles. On a appelé ces cadeaux « poissons d'avril » parce que l'ouverture de la pêche se faisait en même temps. Aujourd'hui les Québécois passent parfois des semaines à préparer des blagues pour leurs amis ou la famille. Les enfants découpent des poissons de papier et les collent dans le dos de leurs copains pour marquer un sot.
Autrefois en janvier, les maîtresses cachaient deux fèves dans un gâteau. Les deux personnes qui trouvaient les fèves étaient reine et roi de la soirée.
Aujourd'hui, on peux acheter les galettes des rois dans les boulangeries. Normalement deux couronnes en papier sont offertes par la boulangerie pour la reine et le roi de la soirée.
Les jeunes hommes au Québec avaient le droit de voir leur aimée après leur travail sur le balcon de la famille de la fille. La famille veillait bien à ce qu'il se passait entre les amoureux. Pour pouvoir marier la fille, le jeune homme devait faire la Petite et la Grande Demande. La Petite Demande se faisait à son aimée. C'était une demande plutôt formelle. C'était surtout la Grande Demande qui posait des problèmes. C'était la demande en mariage qui se faisait en privé au père de sa future femme.
Avant le lever du soleil, le père et les enfants, partaient pour chercher de l'eau dans une rivière. Les gens croyaient que cette eau avait des pouvoirs bénéfiques. Elle pouvait guérir des maladies, protéger la maison et la famille des dangers et des mauvais esprits. Il était important de récolter l'eau de Pâques avant le lever du soleil, sinon, elle n'était plus pure. Image
Autrefois les hommes d'un village passaient de maison en maison pour collectionner des dons pour les pauvres du village. Ils récoltaient surtout des produits naturels (des produits de la ferme). Cette tradition qui avait lieu le 31 décembre s'appelait « la guignolée », c'est pourquoi les hommes ont pris le nom « les guignoleux ». Pour annoncer l'arrivée des guignoleux les enfants du village les précédaient en faisant du bruit avec des bâtons.
L'après-midi, la famille se retrouvait chez les grands parents. L'homme le plus vieux donnait sa bénédiction à sa famille. Ce soir là, on oubliait toutes les disputes et recommençait la nouvelle année en harmonie. Pour se souhaiter une bonne année, il était aussi évident de se souhaiter « le paradis à la fin des jours ».
Après la messe au jour de l'an, il était traditionnel de souhaiter une bonne année à toutes ses connaissances. Cela pouvait durer très longtemps. C'est pourquoi on prenait un bon repas en rentrant chez soi.
Voilà une coutume qui faisait bien le bonheur des uns aux dépends des autres. En effet, lors d'un mariage où les âges des conjoints étaient trop différents, ou que le mariage était jugé trop intéressé ou encore qu'un veuf ou une veuve manifestait une hâte un peu trop évidente à se remarier, les voisins du nouveau couple ne tardaient pas à manifester leur désapprobation. On se réunissait devant la maison des nouveaux mariés, le soir des noces autant que possible, munis de toutes sortes d'instruments susceptibles de mener le plus de vacarme possible. Puis, à l'aide de leurs casseroles, cornets, grelots et trompettes, on faisait la fête, on chantait et on dansait jusqu'aux petites heures de la nuit. Pas très romantique! Le charivari était tradition également dans d'autres situations. Par exemple, lorsqu'un candidat était défait aux élections, les membres du parti adverse gagnant lui réservait souvent un charivari. Image
Entre les rois et le carême s'étendait la période du carnaval. Il ne s'agissait pas d'un carnaval organisé par les autorités comme c'est le cas de nos jours, mais d'un événement entièrement populaire. Le soir du Mardi-Gras, les carnavaleux s'en donnaient à cœur joie. Vêtus de vieilles hardes rapiécées, on allait de maison en maison en traîneau à bâtons pour y boire, manger, danser et bien sûr se réchauffer un peu. Par la même occasion, les carnavaleux récoltaient des victuailles pour les familles pauvres de la paroisse. Oui, nos ancêtres avaient vraiment le sens de la fête bien développé!
Depuis les débuts de la Nouvelle-France, les Habitants s'adonnaient à une pratique qui a survécu jusqu'à nos jours; les feux de joie de la Saint-Jean-Baptiste.
La fête prend ses origines il y a plus de 2000 ans, dans l'Europe pré-chrétienne. Elle était originellement la célébration païenne du solstice d'été. Au début, cette fête se célébrait le 21, mais avec l'arrivée du christianisme, on l'a facilement assimilée à la fête de Saint-Jean Baptiste, le 24. En effet, les deux fêtes font référence au symbole de "la lumière"; le soleil du solstice d'été et St-Jean qui ouvre la voie à la lumière; Jésus-Christ. Les anciens allumaient un grand feu le soir en l'honneur du soleil, et cette tradition s'est perpétuée dans l'ère chrétienne.
Avant la révolution française, la St-Jean Baptiste était une fête très populaire en France. Dans la nuit du 23 au 24 juin à Paris, le roi de France lui-même allumait le feu de la Saint-Jean. Une fois en terre d'Amérique, les Français continueront de souligner cet événement: les "Relations des Jésuites" font allusion à cette coutume dès 1636. Le 24 juin de cette année-là, le gouverneur de Québec, monsieur de Montmagny, fit tirer cinq coups de canon. Les premiers feux de la Saint-Jean en Nouvelle-France datent de 1638. Cette pratique fut amenée sur les rives du Saint-Laurent par les premiers colons venus de France. Les feux étaient accompagnés de danses et de chants.
Lorsque les ancêtres s'étaient donné un tour de rein, foulé un pied ou cassé un bras, ils faisaient appel aux services du ramancheur (ou rebouteur) du canton. À l'époque, on était ramancheur de père en fils. Il s'agissait d'un spécialiste des massages musculaires capable également de replacer les différents os du corps. Un bon ramancheur n'avait besoin que d'un seul outil: ses mains. Les gens de l'époque n'hésitaient pas à affirmer que cet homme avait le miracle au bout des doigts. Il était aussi capable, lorsque c'était nécessaire, de confectionner un plâtre ou une paire de béquilles. Tout bon ramancheur qui se respecte n'exigeait jamais de paiement. Les gens se montraient toutefois généreux à son égard, le récompensant en argent lorsque possible et en nature (animaux ou nourriture) lorsqu'ils étaient trop pauvres. Le métier de ramancheur disparut avec l'apparition de la médecine moderne ainsi que la menace d'amendes et d'emprisonnement pour "pratique illégale".
Cette ancienne tradition catholique qui trouve ses origines dans le Moyen-Âge traversa l'Atlantique avec les premiers colons français qui vinrent s'établir en Amérique. Le but de la célébration était de briser les 40 jours de privation et de jeûne qui précèdent Pâques. On profitait alors de ce répit pour fêter, danser, festoyer et boire. Chez nous, la fête prit une autre tournure. À chaque année, les hommes se déguisaient et allaient de maison en maison pour s'amuser et jouer des tours à leurs voisins. Malheureusement, dans les années 1920, cette tradition rurale fut largement abandonnée au Québec parce que dénoncée par l'Église catholique comme étant une célébration païenne. Mais elle persiste encore aujourd'hui dans quatre villages francophones relativement isolés: Natashquan (sur la rive nord), Fatima (aux Îles-de-la-Madeleine), Chéticamp (en Acadie, Nouvelle-Écosse) et surtout à Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues (situé 55 km à l'est de Québec). Les costumes que les villageois portent à cette occasion sont maintenant superbes et d'un faste surprenant!
Pour voir cette fete ; http://www.isle-aux-grues.com/
Une autre tradition qui s'est perpétrée jusqu'à nos jours est la fameuse épluchette de blé d'inde. À l'époque, l'épluchette était une corvée qui se répétait dans différentes familles du canton et qui réunissait voisins, familles et amis au début de l'automne. La corvée servait bien sûr de prétexte à des réjouissances. Dans les épis jusqu'aux genoux, on épluchait en groupe et dans une atmosphère de fête les réserves de maïs d'une famille avant la tombée de l'hiver. Les jeunes gens aimaient particulièrement l'événement parce que la découverte d'un épi rouge leur donnait droit à un baiser de leur belle!
![]() ![]() | L'Arbre de Mai : Fête Européenne |
" France : Elle date du temps des Celtes, grands adorateurs de la forêt. Au Moyen-Âge, les paysans et les villageois qui dansaient autour du Mai étaient nommés les pastoureaux et ces pâtres qui dansaient sous les murs du château dans les faux bourgs étaient des mainteneurs de la "vieille coutume". C'est ainsi qu'ils donnèrent leur nom aux mouvements populaires de caractère "hérétique" du XIII et du XIV siècle : les Pastoureaux ! Et, c'est à la cour, c'est à dire dans la cour du château ou Bourg que l'on dressait l'Arbre de Mai, à la croisée des deux "mails" orientés, mais on y dansait alors des danses plus "courtoises", plus élaborées.
Au XVII siècle, les clercs de la Basoche avaient le privilège de couper dans le bois de Vincennes un arbre qu'ils plantaient ensuite avec solennité dans la cour du Palais. Puis elle devint une coutume encore observée dans une grande partie de la France à l'égard des maires, que celle de planter devant la maison des personnes d'une fonction ou d'un rang élevé, un arbre ou un gros rameau de verdure, appelé l'Arbre de Mai. Lorsque quelqu'un se présentait aux élections, s'il était élu pour la première fois, ses voisins et ses colistiers venaient chez lui pour planter un arbre en son honneur. C'était l'occasion d'un bon repas, bien arrosé entre tous. L'arbre était généralement un sapin ébranché auquel on ne conservait que la cime. Il était décoré d'un drapeau tricolore, parfois d'une couronne de fleurs, et on y fixait une planche sur laquelle était écrit : "Honneur à notre élu". Cette tradition se perpétue encore aujourd'hui, surtout pour les élections municipales. Les "mais" ne sont pas toujours des sapins, ce sont parfois d'autres essences d'arbres : chênes, bouleaux, pins sylvestres ....
Autres pays européens : En Belgique, le mois de mai connaît aussi la fête du "meiboom" qui réactualise l'acte primordial de la régénération cosmique. L'arbre symbolise ici l'ensemble des forces de la Nature domestiquées par les Ancêtres, les héros et les dieux primordiaux. Transporté dans les rues, l'arbre de Mai distribue à tous les habitants la force qu'il contient. Cette communion est stimulée par des danses et des chants. La joyeuse tournée qui s'ensuit passe dans chaque maison pour quémander des victuailles. Les dons de mai, trait commun aux cultures européennes, contiennent néanmoins toujours des oeufs, des fruits secs, et des gâteaux spécifiques, symboles de l'indestructibilité de la vie.
En Angleterre, en Autriche et en Allemagne ainsi qu'en Espagne (maypole, maibaum, maggiolata), on plante l'arbre de mai. Symbole de la végétation et de la vie inépuisable, l'arbre décoré est conduit en cortège et érigé sur la place centrale afin de transmettre à la communauté sa force et sa vigueur.
Nouvelle-France : Une fête fut organisée par Frontenac en 1675 lors de la création de la milice dans toutes les paroisses de la Nouvelle-France. Le 1er mai, les miliciens de chaque paroisse plantaient devant la maison de leur capitaine, un mat muni d'une girouette en son sommet ou un sapin ébranché pour ne conserver que la cime de l'arbre. Le capitaine de milice, après avoir pris une lampée d'eau de vie et tiré du mousquet, passait la cruche à ses miliciens pour qu'ils en fassent de même. Puis tout ce beau monde entrait dans sa maison pour manger, boire et danser. Ils ressortaient de temps en temps à l'extérieur pour tirer du fusil en direction du sommet du "mai" et en profitaient aussi pour se taper un coup derrière la cravate. La fête se poursuivait toute la nuit jusqu'au petit matin.
Cette fête a vite été délaissée après la signature de la Grande Paix. La mère patrie ayant reniée puis oubliée sa colonie, les canadiens furent probablement tenus dans l'ignorance de l'intérêt qui lui était toujours réservée en France lors d'élections municipales. De plus, les habitants n'avaient que faire de la signification cosmique de l'Arbre de Mai en ces temps où la religion catholique dictait conduite et moeurs. De nos jours, l'Arbre a été abandonné au profit du Mois par le gouvernement québécois qui a proclamé le mois de mai comme étant le mois de l'arbre et des forêts. Mai, le mois, étant le seul lien avec cette fête européenne de l'Arbre de Mai.» Claude Desjardins.